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Côte d'Ivoire-AIP/Inter/ La Syrie entre avancées judiciaires et crise humanitaire persistante, selon l’ONU

Côte d'Ivoire-AIP/Inter/ La Syrie entre avancées judiciaires et crise humanitaire persistante, selon l’ONU

Par MARYAM COULIBALY / 15 mai 2026 à 20:56 / il y a 19 heures / Temps de lecture : 3 min

Abidjan, 15 mai 2026 (AIP) – Le Conseil de sécurité des Nations Unies a examiné, jeudi 14 mai 2026, l’évolution de la situation politique et humanitaire en Syrie, marquée à la fois par des progrès dans les procédures judiciaires liées aux crimes du conflit et par une dégradation persistante des conditions de vie de la population.

Devant les membres du Conseil, l’Envoyé spécial adjoint pour la Syrie, Claudio Cordone, a salué des développements judiciaires qualifiés « d’une importance capitale », estimant que « la justice, aussi tardive soit-elle, peut commencer à se concrétiser ».

Il a notamment indiqué qu’Atef Najib, ancien responsable sécuritaire syrien, a comparu le 10 mai devant un tribunal pour des faits liés à la répression des manifestations de 2011 à Daraa. L’ancien président Bachar el-Assad et son frère Maher el-Assad sont également jugés par contumace dans cette affaire portant sur des accusations de détention arbitraire, torture et exécutions en détention.

M. Cordone a également cité l’arrestation, le 24 avril, d’Amjad Yusef, suspect du massacre de Tadamon en 2013, ainsi que celle de l’ancien général Adnan Abboud Hilweh, soupçonné d’implication dans l’attaque chimique de la Ghouta orientale la même année.

« La manière dont la Syrie traitera ces crimes constituera un test décisif de l’engagement du pays envers la justice et l’État de droit », a-t-il déclaré.

Tom Fletcher, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence

Sur le plan humanitaire, le chef des affaires humanitaires de l’ONU, Tom Fletcher, a dressé un tableau préoccupant, indiquant que près des deux tiers de la population syrienne, soit 15,6 millions de personnes, auront besoin d’une assistance cette année.

« Les progrès sont réels, mais fragiles. Nous avons besoin de votre soutien concret », a-t-il plaidé devant le Conseil, précisant que les financements actuels ne permettront d’aider qu’environ la moitié des personnes concernées.

Il a également signalé une intensification des pressions humanitaires, avec plus de 390 000 personnes ayant franchi la frontière depuis le Liban depuis le mois de mars, ainsi que la hausse des prix des denrées alimentaires et du carburant liée à des perturbations économiques régionales.

Dans ce contexte, M. Fletcher a averti que le manque de financement pourrait transformer les difficultés actuelles en crises durables.

Plusieurs membres du Conseil ont pris la parole pour évoquer les enjeux sécuritaires et politiques. Les États-Unis ont salué les arrestations récentes d’anciens responsables du régime, les qualifiant de « pas vers la justice », tandis que le Pakistan a appelé à renforcer la lutte contre les groupes terroristes, notamment Daech.

De son côté, la Fédération de Russie a insisté sur la nécessité d’investissements concrets pour la reconstruction des infrastructures de base, notamment dans les secteurs de l’eau et de la santé.

Le représentant de la Syrie a, pour sa part, défendu les efforts du gouvernement de transition, tout en dénonçant les difficultés liées au contexte régional et aux défis sécuritaires.

La réunion s’est achevée sur un appel général à soutenir la transition syrienne, entre exigences de justice, besoins humanitaires urgents et impératif de stabilisation durable du pays.

(AIP)

cmas