AIP/ Pro-Kids Côte d’Ivoire veut renforcer le plaidoyer par la recherche scientifique en faveur de la santé sexuelle des jeunes
Par MICHEL OGUEHI / 26 mai 2026 à 18:15 / il y a 59 minutes / Temps de lecture : 4 minAbidjan, 26 mai 2026 (AIP) – La présidente de l’organisation de protection de l’enfance Pro-Kids Côte d’Ivoire, Aicha Traoré, a annoncé mardi 26 mai 2026 la volonté de la structure de faire de la recherche scientifique un levier de plaidoyer en faveur de la santé sexuelle et reproductive des adolescents et des jeunes, à l’occasion de la présentation officielle des résultats de l’enquête SSR 2024 à Institut Goethe à Abidjan.
Face à des acteurs de la société civile, des partenaires institutionnels et des jeunes, Mme Traoré a expliqué que cette étude de terrain vise à documenter les réalités vécues par les adolescents en matière de santé sexuelle et reproductive afin de mieux orienter les actions de sensibilisation et interpeller les décideurs.
Selon elle, l’enquête, initialement prévue dans 10 villes du pays, a finalement été recentrée sur trois localités à la suite d’échanges avec le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) et en raison de contraintes financières et logistiques.
« Les données parlent parfois plus fort que les rapports d’activités », a-t-elle déclaré, soulignant l’importance de disposer d’éléments scientifiques pour soutenir les actions de plaidoyer dans les établissements scolaires.
La responsable de Pro-Kids Côte d’Ivoire a indiqué que cette initiative représente l’aboutissement d’un projet mûri depuis plusieurs années. Elle a révélé qu’une partie des résultats de l’étude a déjà été présentée à Bogotá, en Colombie, où l’organisation a obtenu un premier prix ainsi qu’un accompagnement scientifique de l’organisation mondiale de la santé pour la rédaction d’articles de recherche.
« Nous sommes partis présenter les activités de Pro-Kids sans imaginer bénéficier d’un coaching d’experts de l’OMS (ndlr; Organisation mondiale de la santé) », a-t-elle confié, saluant une reconnaissance internationale pour cette jeune organisation ivoirienne.
Au cours de la cérémonie, la présidente a rappelé les actions menées depuis 2019 en faveur de l’éducation et de la santé sexuelle des adolescents. Selon les chiffres communiqués, plus de 7 000 personnes ont été touchées par les campagnes de sensibilisation, plus de 450 jeunes accompagnés dans différents programmes et plus de 13 000 adolescents sensibilisés à travers sept projets déployés sur le territoire ivoirien.
Mme Traoré a précisé que le questionnaire de l’étude a été élaboré puis validé par l’UNFPA avant l’obtention de l’autorisation du ministère de l’Éducation nationale pour la collecte des données dans plusieurs établissements scolaires et centres de formation à Abidjan, Bouaké et Korhogo.
Les chercheurs ont expliqué qu’il s’agissait d’une enquête quantitative transversale réalisée à partir de questionnaires manuels et électroniques administrés avec le consentement des participants.
Au total, plus de 900 adolescents et jeunes ont pris part à l’étude. La majorité des personnes interrogées étaient âgées de 14 à 19 ans, avec un âge moyen estimé à 17,6 ans. L’échantillon comprenait 544 filles et 473 garçons.
Les résultats révèlent également que 7,8 % des jeunes interrogés avaient déjà au moins un enfant, une situation jugée préoccupante par les responsables de l’étude.
L’enquête met aussi en évidence une méconnaissance persistante des méthodes contraceptives chez plusieurs adolescents, réduisant leur efficacité dans la prévention des grossesses précoces et des Infections sexuellement transmissibles (IST).
Pour Pro-Kids Côte d’Ivoire, les témoignages recueillis sur le terrain et les observations menées depuis plusieurs années doivent désormais être consolidés par des données scientifiques afin de renforcer le dialogue avec les autorités éducatives et sanitaires.
(AIP)
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