Côte d’Ivoire-AIP/ La HACA appelle à une coopération renforcée pour réguler l’IA et les réseaux sociaux
Par AWA DIABY / 1 juin 2026 à 13:49 / il y a 13 heures / Temps de lecture : 5 minAbidjan, 1er juin 2026 (AIP)- Le président de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA), René Bourgoin, a appelé lundi 1er juin 2026 à Abidjan Plateau, à un renforcement de la coopération entre les régulateurs et les grandes plateformes numériques afin de préserver la liberté de communication tout en limitant les risques liés aux usages de ces technologies.
Il a lancé cet appel lors de la conférence internationale Abidjan 2 portant sur le thème « Intelligence artificielle, réseaux sociaux et liberté de communication : enjeux de régulation ». Cette rencontre réunit les membres du Réseau des instances africaines de régulation de la communication (RIARC) et du Réseau francophone des régulateurs des médias (REFRAM), ainsi que des représentants des grandes plateformes numériques. Elle est organisée par la HACA en collaboration avec le RIARC et le REFRAM.
Maître Bourgoin a expliqué que les mutations technologiques en cours offrent des opportunités importantes en matière d’innovation, de créativité et d’accessibilité à l’information, mais soulèvent également de nombreuses préoccupations liées à la désinformation, aux manipulations algorithmiques, aux discours de haine, aux ingérences étrangères et à la protection des publics vulnérables, notamment les mineurs.
« L’intelligence artificielle est devenue à la fois une promesse et une inquiétude majeure », a-t-il déclaré, estimant que les régulateurs ont la responsabilité d’accompagner ces évolutions technologiques tout en préservant les libertés fondamentales.
Le président de la HACA a rappelé que la conférence Abidjan 2 s’inscrit dans le prolongement de la rencontre conjointe organisée en avril 2024 à Abidjan, qui avait abouti à l’adoption de la Déclaration d’Abidjan sur le renforcement du dialogue entre les régulateurs et les plateformes numériques ainsi qu’à la signature d’un protocole d’engagement volontaire avec Meta, TikTok, X et Google.
Ces initiatives ont permis, selon lui, de renforcer les échanges entre les autorités de régulation et les acteurs du numérique. À titre d’exemple, il a indiqué que la HACA a signalé 1 013 contenus aux plateformes numériques dans le cadre de la mise en œuvre du protocole d’engagement volontaire, dont 471 ont fait l’objet de mesures de suppression, de restriction ou de géoblocage. Sur 171 comptes signalés, 88 ont été supprimés.
René Bourgoin a estimé que ces résultats montrent la nécessité de poursuivre et d’approfondir le dialogue avec les plateformes afin de bâtir un espace numérique plus responsable, éthique et respectueux des droits humains. Il a exprimé le souhait que les travaux débouchent sur l’adoption de la « Déclaration d’Abidjan 2 » ainsi que sur des propositions de cadre réglementaire relatives à l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le secteur de la communication audiovisuelle.

Pour sa part, le président du REFRAM, Mamadou Oumar N’Diaye, a salué les avancées enregistrées depuis la conférence de 2024, tout en soulignant la nécessité d’adapter les mécanismes de régulation aux nouveaux défis posés par l’IA. « Les régulateurs africains doivent veiller à ce que les outils de modération des contenus et les algorithmes prennent davantage en compte les langues et réalités culturelles africaines afin d’éviter toute forme d’ injustice numérique », a-t-il dit.
M. N’Diaye a également plaidé pour davantage de transparence algorithmique et pour la mise en place de mécanismes renforcés de protection lors des périodes électorales et des situations de crise. « La question n’est plus de savoir si l’intelligence artificielle doit être régulée, mais comment la réguler efficacement sans porter atteinte à la liberté d’expression », a-t-il affirmé.
Durant trois jours, les experts vont analyser le rôle de l’IA dans la diffusion des contenues sur les réseaux sociaux, d’identifier les risques liés à l’usage, d’évaluer les cadres juridiques et réglementaires existants ainsi que de proposer une esquisse de cadre réglementaire sur sa régulation dans le secteur de la communication audiovisuelle et numérique.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, représentant le président de la République, Alassane Ouattara ainsi que de la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, et de plusieurs responsables d’organismes de régulation venus d’Afrique et de l’espace francophone.
(AIP)
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