Côte d’Ivoire-AIP/ L’OMS alerte sur les nouveaux produits de nicotine qui menacent les acquis de la lutte antitabac
Par SIMON BENJAMIN BASSOLE / 2 juin 2026 à 12:36 / il y a 1 heure / Temps de lecture : 3 minAbidjan, 02 juin 2026 (AIP) – Le représentant du représentant résident de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en Côte d’Ivoire, Dr Ané Ambroise, a alerté lundi 02 juin 2026 à Abidjan, sur la menace que représentent les nouveaux produits du tabac et de la nicotine pour les acquis enregistrés dans la lutte antitabac, appelant à une protection accrue des jeunes face aux stratégies de l’industrie du tabac.
S’exprimant lors de la célébration de la Journée mondiale sans tabac, Dr Ané a estimé que la dépendance à la nicotine « n’est pas accidentelle » mais résulte de stratégies développées par l’industrie du tabac pour recruter continuellement de nouveaux consommateurs, notamment parmi les adolescents et les jeunes adultes.
Selon Dr Ané, les progrès réalisés par la Côte d’Ivoire, marqués notamment par la ratification de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac, l’adoption d’une loi nationale antitabac en 2019 ainsi que plusieurs décrets d’application, sont aujourd’hui fragilisés par la prolifération des cigarettes électroniques, du tabac chauffé, des sachets de nicotine et d’autres produits émergents.
Il a toutefois salué les récentes mesures prises par les autorités ivoiriennes, notamment l’interdiction de fumer dans les lieux publics et l’engagement en faveur du conditionnement neutre des produits du tabac.
Le représentant de l’OMS a particulièrement insisté sur la vulnérabilité des jeunes face à ces produits. Il a rappelé que près de neuf fumeurs quotidiens sur dix ont commencé à consommer du tabac avant l’âge de 18 ans et que le cerveau des adolescents demeure particulièrement sensible aux effets addictifs de la nicotine.
« En Afrique, où plus de 60 % de la population a moins de 25 ans, et en Côte d’Ivoire où les jeunes représentent environ 75 % de la population, l’enjeu est majeur », a-t-il souligné.
Pour le responsable onusien, aucun produit du tabac ou de la nicotine ne peut être considéré comme sans danger. Il a affirmé que les cigarettes classiques, les cigarettes électroniques, le tabac chauffé ou encore les sachets de nicotine présentent tous des risques pour la santé et favorisent la dépendance.
À l’inverse, a-t-il ajouté, l’arrêt du tabac procure des bénéfices rapides, notamment une amélioration de la tension artérielle, de la fonction pulmonaire et une réduction du risque de maladies cardiovasculaires.
Face à cette situation, Dr Ané Ambroise a invité les gouvernements à renforcer les réglementations sur les arômes, les additifs, le marketing et le conditionnement des produits du tabac, tout en veillant à protéger les politiques publiques contre l’ingérence de l’industrie du tabac. Il a également appelé les parlementaires, les éducateurs, les parents, les organisations de la société civile et les jeunes à s’unir pour préserver les acquis obtenus dans la lutte contre le tabagisme et construire un avenir à l’abri de la dépendance à la nicotine.
(AIP)
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