Côte d’Ivoire-AIP/ Litige foncier à Lopouafla: le chef et ses proches rejettent des accusations d’accaparement des terres
Par NORBERT SEHI / 13 juin 2026 à 10:51 / il y a 7 heures / Temps de lecture : 4 minBouaflé, 13 juin 2026 (AIP) – Le chef du village de Lopouafla, You Bi Trazié, et ses proches ont rejeté, jeudi 11 juin 2026, les accusations d’accaparement foncier portées contre eux par la Mutuelle de développement de Lopouafla (MUDEL), lors d’une conférence de presse tenue dans le village en réponse à celle animée le 30 mai par le président de la mutuelle, le colonel Jean-Claude Tibé.
La rencontre s’est déroulée en présence des chefs des villages de Koblata et de Déhita, de Maître Pauline Oulia, de l’étude de Me Guéi Daniel, commissaire de justice, ainsi que de nombreuses populations venues assister aux échanges.
Revenant sur l’historique du village, le chef a rappelé que Lopouafla a été fondé par quatre familles originelles, Bonan, Vahou, Gonetin et Tchehouenin, avant d’accueillir progressivement les familles Douzra et Vah. Il a indiqué que les terres actuellement exploitées résultent d’une occupation progressive et d’accords coutumiers entre les différentes composantes de la communauté.
Abordant le différend foncier, You Bi Trazié a contesté toute appropriation illégale de terres par lui-même ou par des membres de sa famille. Il a soutenu que les opérations de toilettage et de régularisation du plan de lotissement ont été menées de manière collective, en vue de l’approbation d’un document élaboré depuis 1976 mais resté non validé dans sa forme initiale.
Selon lui, le plan révisé et approuvé intègre le village de Lopouafla, le secteur de Saint-Raphaël, des zones d’extension ainsi que des réserves destinées aux équipements collectifs. Il a ajouté que les populations avaient été invitées à fournir les pièces nécessaires à l’établissement des guides fonciers et à l’obtention des arrêtés de concession définitive (ACD).

« Les questions foncières doivent être traitées avec les autorités compétentes et dans le respect des procédures établies. Lorsqu’une omission ou une erreur est constatée dans un document foncier, des mécanismes de régularisation existent. Toute personne estimant disposer de droits peut saisir les autorités villageoises afin que sa situation soit examinée », a-t-il indiqué.
Pour sa part, le géomètre-expert Goulizan Bi Irié, du cabinet Antoine Guessan, a expliqué que le plan initial de 1976 comportait des insuffisances techniques, notamment l’absence de numérisation et des décalages cadastraux jugés incompatibles avec les exigences du plan directeur d’urbanisme.
Il a précisé que les travaux de régularisation ont abouti à l’approbation officielle du lotissement le 29 juin 2016, lequel comprend 624 lots répartis entre les familles, les réserves foncières et les équipements publics. Il a également indiqué que les contentieux ont été examinés par les juridictions compétentes et qu’une décision de justice en appel aurait reconnu les droits de la famille Bonan sur la parcelle concernée.
« Nous n’avons pas accaparé les terres du village. Toutes les familles ont été prises en compte et des membres des familles qui nous accusent figurent également dans le guide foncier », a-t-il affirmé, appelant au respect des décisions administratives et judiciaires.
Lors de sa conférence de presse du 30 mai 2026, le président de la MUDEL, le colonel Jean-Claude Tibé, avait pour sa part dénoncé une marginalisation de certaines familles fondatrices dans le guide foncier issu du lotissement approuvé, estimant que seuls quelques membres d’une même famille y figurent de manière dominante. Il avait annoncé des recours en vue d’obtenir l’annulation du plan contesté.
Malgré ces divergences, les deux parties ont appelé à la préservation de la cohésion sociale et à la recherche d’une solution pacifique à ce différend foncier.
(AIP)
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