Côte d'Ivoire-AIP/Inter/ Le Parlement européen autorise les nouvelles techniques génomiques dans l’agriculture
Par MARYAM COULIBALY / 17 juin 2026 à 12:11 / il y a 11 heures / Temps de lecture : 3 minAbidjan, 17 juin 2026 (AIP) – Le Parlement européen a définitivement approuvé, mercredi 17 juin 2026, l’introduction des nouvelles techniques génomiques (NGT) dans l’agriculture de l’Union européenne, ouvrant la voie à l’utilisation de variétés végétales génétiquement modifiées pour améliorer leur résistance aux maladies et aux aléas climatiques.
Réunis en séance plénière à Strasbourg (France), les eurodéputés ont donné leur feu vert final en rejetant les derniers amendements susceptibles de rouvrir les négociations sur ce texte, soutenu par une majorité des groupes politiques du centre et de la droite.
Les NGT constituent une nouvelle génération d’organismes génétiquement modifiés (OGM). Contrairement aux OGM dits transgéniques, qui reposent sur l’introduction d’un ADN étranger dans une plante, ces techniques permettent de modifier le génome à partir de gènes issus de la même espèce végétale. Elles visent notamment à développer des cultures plus résistantes à la sécheresse, aux maladies ou à certains parasites.
Le compromis adopté avec les États membres prévoit un assouplissement de la réglementation pour certaines NGT dites de « catégorie 1 », qui seront assimilées à des variétés conventionnelles sous certaines conditions. En revanche, les plantes génétiquement modifiées pour résister aux herbicides ou produire des insecticides resteront interdites, tout comme l’utilisation des NGT dans l’agriculture biologique.
Les partisans de cette réforme estiment qu’elle permettra de renforcer la compétitivité de l’agriculture européenne face aux États-Unis et à la Chine, où ces technologies sont déjà utilisées. Ils y voient également un moyen de répondre aux défis liés au changement climatique et à la sécurité alimentaire.
« Nous avons créé un modèle européen souverain des nouvelles techniques génomiques qui servira nos agriculteurs », a déclaré l’eurodéputé français Pascal Canfin, soulignant que l’objectif n’était pas de reproduire les modèles américain ou brésilien.
La décision continue toutefois de susciter des réserves. Des organisations environnementales et des syndicats agricoles, dont la Confédération paysanne en France, dénoncent les risques de concentration du marché des semences, de standardisation des cultures et de privatisation du vivant.
Sur le plan scientifique, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) s’est prononcée en faveur de l’approche retenue par Bruxelles. L’Agence nationale française de sécurité sanitaire (Anses) a, pour sa part, recommandé une évaluation au cas par cas des risques sanitaires et environnementaux avant toute commercialisation.
Les premières cultures issues de ces nouvelles techniques ne devraient toutefois pas arriver rapidement sur le marché européen, plusieurs années étant encore nécessaires pour les phases d’expérimentation, d’évaluation et d’autorisation.
(AIP)
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