AIP/ JAF 2026 : la Côte d’Ivoire et le Mali célèbrent leur fraternité transfrontalière
Par GEORGES AUBIN KONAN / 18 juin 2026 à 06:48 / il y a 2 heures / Temps de lecture : 5 minN’Gandana (N’Bengué), 18 juin 2026 (AIP)– La sous-préfecture de N’Gandana, dans le département de M’Bengué, a accueilli mercredi 17 juin 2026, les premières activités de la célébration de la Journée africaine des frontières (JAF) 2026, permettant à la Côte d’Ivoire et au Mali, de célébrer leur fraternité transfrontalière.
Un événement placé sous le signe de la paix, de la cohésion sociale et du renforcement de la coopération entre la Côte d’Ivoire et le Mali, pays frères unis par une histoire et des cultures communes.
Initiée par l’Union africaine, la Journée africaine des frontières invite les États membres à choisir un moment pour dialoguer, apaiser les tensions et permettre à leurs peuples de communier en vue de renforcer la coopération transfrontalière. La Côte d’Ivoire, sous l’impulsion de son gouvernement, commémore cette journée depuis 2020, à travers la Commission nationale des frontières de la Côte d’Ivoire (CNFCI).
« Depuis quatre ans, le secrétaire-exécutif de la CNFCI, Diakalidia Konaté, a décidé que la célébration se fasse dans les espaces frontaliers », a expliqué le coordonnateur technique chargé de la Communication et de la formation à la CNFCI, Issa Bouda. « Cela permet d’impliquer les populations et de vivre leurs réalités. On ne peut pas défendre un peuple si on ne connaît pas les réalités qu’il vit », a-t-il indiqué.
Cette année, la Côte d’Ivoire a choisi de commémorer cette journée avec quatre pays frontaliers, notamment le Mali à N’Gandana, le Ghana à Tagadi (département de Bondoukou), et la Guinée à Koualeu (département de Sipilou) et Papara (département de Séguéla).
Le préfet du cercle de Kadiolo au Mali, Diakité Bakary, a tenu à rappeler les liens indéfectibles unissant les deux nations. « Je crois qu’à l’origine, la Côte d’Ivoire et le Mali c’est un seul pays. Nous pouvons même le constater à travers nos cultures. Donnons-nous la main », a-t-il dit.
Insistant sur le rôle crucial des populations dans la préservation de la paix, il a déclaré que les populations sont les acteurs potentiels pour garantir la paix et a souhaité que chacun ait de la retenue pour que les deux pays vivent en paix. Il a également mis en garde contre les problèmes fonciers, souvent à l’origine des tensions.
« La plupart des problèmes frontaliers, c’est le foncier et c’est vous les populations qui mélangez tout et non les autorités. Agissons dans la sagesse, évitons les problèmes judiciaires. Adoptons la conciliation, la médiation au niveau de la frontière », a exprimé M. Diakité.
Le préfet du département de M’Bengué, Dadié née Lago Félicité, a exprimé sa gratitude au gouvernement pour le choix de sa localité. Elle a salué la présence du préfet de Kadiolo et de sa forte délégation, tout en remerciant les populations pour leur mobilisation.
« Continuer à préserver la paix sans laquelle aucun développement ne peut se faire. Le Mali et la Côte d’Ivoire sont deux pays frères qui savent entretenir des relations de bons voisinages et c’est ce que nous constatons », a-t-elle souligné. « À ce niveau, la paix commence à la base. Une fois que les populations s’accordent pour préserver la paix, je pense que les choses ne peuvent que bien se passer », a-t-elle ajouté.

La journée a été marquée par deux formations destinées aux populations locales, mobilisant une centaine d’auditeurs du cercle de Kadiolo et de la région du Poro.
Le directeur départemental de l’agriculture, du développement rural et des Productions vivrières de M’Bengué, Irié Bi Fli Jean Claude, a animé une session sur l’agriculture climato-intelligente.
Les échanges ont porté sur les défis de la gestion rationnelle de l’eau, l’utilisation des semences améliorées et la gestion durable de la fertilité des sols. « Face au changement climatique, le rendement a baissé. Nous avons conseillé la fertilisation organique, à portée de main des producteurs, comme l’utilisation de la bouse de vache pour le compostage », a précisé le formateur.
Le directeur régional des ressources animales et halieutiques du Poro, Soro Mamadou, a abordé la question des conflits entre agriculteurs et éleveurs, une problématique récurrente dans les zones frontalières. Il a affirmé que les conflits ne datent pas d’aujourd’hui et que le premier cas remonte aux années 74.
« Nous avons insisté sur le règlement à l’amiable, à travers le tandem agriculteur-éleveur, puis la conciliation au niveau du chef de village, avant de saisir les autorités sous-préfectorales. Il ne faudrait pas que l’éleveur voie l’agriculteur comme son ennemi, et vice versa », a insisté M. Soro.
La journée s’est achevée par un match de gala opposant le village de Kadiolo à une sélection de la sous-préfecture de Messinie, sur le thème de la paix, de la cohésion et du vivre-ensemble. Une manière symbolique de renforcer les liens entre les jeunes des deux pays.
Les festivités se poursuivront ce jeudi avec la cérémonie officielle sur l’espace public de N’Gandana, marquée par des allocutions, des remises de dons et des inaugurations d’infrastructures.
La Journée africaine des frontières 2026 à N’Gandana illustre la volonté des autorités ivoiriennes et maliennes de transformer les frontières en espaces de dialogue, de paix et de coopération, au bénéfice des populations. Une initiative saluée par tous les acteurs présents, qui voient dans cette commémoration un pas supplémentaire vers une intégration régionale renforcée.
(AIP)
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