Côte d’Ivoire-AIP/ Santé numérique : Abidjan abrite la 2e édition du Forum Intech Santé & Medical Expo 2026 pour une Afrique souveraine et interconnectée
Par GEORGES AUBIN KONAN / 18 juin 2026 à 21:39 / il y a 1 heure / Temps de lecture : 5 minAbidjan, 18 juin 2026 (AIP) – La deuxième édition du Forum Intech Santé et Medical Expo 2026 s’est ouverte, jeudi 18 juin 2026, au Parc des Expositions d’Abidjan-Port-Bouët, sous le thème « Ensemble pour une santé interconnectée et souveraine », en présence de nombreuses personnalités du monde politique, sanitaire et technologique.
Placé sous le haut patronage du Premier ministre ivoirien et sous la présidence du président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), Eugène Aka Aoulé, cet événement de trois jours réunit des délégations internationales, des experts, des décideurs publics et des acteurs du secteur privé autour des enjeux de la transformation numérique du système de santé en Afrique.
L’initiateur et fondateur de SGCI, Sékou Gon Coulibaly a souligné la portée symbolique de ce rendez-vous devenu, selon lui, « le rendez-vous incontournable de la santé numérique africaine ».
« Organiser ce forum, ce n’est pas seulement organiser un événement. C’est mettre notre expertise, notre réseau et notre conviction au service d’une cause qui nous concerne tous : la santé », a-t-il déclaré, saluant le partenariat avec ATLM Expo, opérateur international de référence, qui confère à cette édition « une dimension véritablement internationale ».
M. Coulibaly a également rendu hommage à la vision du président de la République, Alassane Ouattara, dont l’ambition de « rapprocher les populations des structures sanitaires » guide l’action gouvernementale. Il a invité l’ensemble des acteurs présents à contribuer, à travers les panels et masterclasses, à la construction d’un « édifice commun » pour une santé accessible et souveraine.
Pour Rokia Fofana, représentant le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, ces trois jours doivent être mis à profit pour « démontrer, décider et s’engager ».
« Démontrer que la santé numérique africaine n’est plus une promesse, c’est une réalité. Certains secteurs sont structurés avec des produits, des modèles économiques, des équipes et des résultats probants », a-t-elle affirmé, appelant à des « engagements concrets », notamment des partenariats, contrats, projets pilotes ou orientations publiques.
Elle a assuré que son ministère serait « l’allié constant de cette ambition », aux côtés du ministère de la Santé, des établissements sanitaires, des start-up et des chercheurs, pour « équiper, accompagner, accélérer et surtout connecter ».
Au nom du ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Soltié Coulibaly a dressé un bilan des avancées numériques dans le secteur sanitaire ivoirien.
Selon lui le système d’information hospitalier (SIS) est déployé dans 390 établissements sur l’ensemble du territoire national. Le dossier patient informatisé (DPI) est opérationnel dans 203 établissements, avec plus de 10 millions de dossiers numérisés.
Les établissements publics nationaux (PHN) et régionaux (PHR) atteignent 100 % de couverture numérique. Le portail citoyen « Côte d’Ivoire Santé CI » permet désormais la prise de rendez-vous en ligne et le paiement électronique des prestations.
Cependant, Mme Coulibaly a reconnu des défis persistants, notamment l’utilisation encore partielle des outils par manque de formation, une couverture numérique inégalement répartie sur le territoire, et l’interopérabilité insuffisante entre les systèmes publics et privés.
Pour les 24 prochains mois, le ministère s’est engagé sur trois priorités à savoir un programme national de renforcement des capacités des agents de santé, l’amélioration de la connectivité dans les zones isolées, et le déploiement d’une architecture nationale de données de santé sécurisée.
Le président du CESEC et président de cette édition, Eugène Aka Aoulé a salué l’initiative de Sékou Gon Coulibaly, qu’il a qualifiée d’« espace de dialogue et d’anticipation ». Pour lui, le thème de cette année « établit un lien entre des exigences qui sont loin de s’opposer ».
« L’interconnexion répond à une évidence, aucun pays, aucune institution, aucun professionnel ne peut désormais prétendre relever seul les défis complexes. Mais cette nécessaire ouverture ne saurait conduire à ignorer une autre exigence tout aussi fondamentale, celle de la souveraineté », a-t-il expliqué.
M. Aka Aoulé a souligné que la souveraineté, dans le monde contemporain, « ne signifie ni l’isolement ni le repli sur soi », mais « la capacité d’une nation à exercer librement ses choix, à disposer des compétences nécessaires à la maîtrise de son destin et à participer aux échanges internationaux à partir de ses propres forces ».
Le directeur fondateur d’Expoturk, Beşir Kemal Şahin a pour sa part salué le potentiel de la Côte d’Ivoire, affirmant que « ce potentiel réside dans sa population, dans l’éducation de ses citoyens et dans leur capacité à contribuer à la transformation et au développement de la nation ».
Il a annoncé la présence de plus de 100 entreprises internationales dans l’espace d’exposition, représentant des pays allant des États-Unis à la Turquie, en passant par le Pakistan et l’Ouzbékistan.
« Cette initiative ne concerne pas seulement l’Afrique de l’Ouest, mais également l’ensemble du continent africain. Elle témoigne d’un véritable leadership et d’un positionnement stratégique remarquable », a-t-il ajouté.
(AIP)
gak