Côte d'Ivoire–AIP/Bassin de la Volta : l'ABV alerte sur les effets dévastateurs de l'orpaillage sur les ressources en eau
Par AIP Bingerville / 17 juillet 2026 à 13:35 / il y a 2 heures / Temps de lecture : 3 minBingerville, 17 juil 2026 (AIP) – Le point focal national de l’Autorité du Bassin de la Volta (ABV), Dr Kwamé Auguste, a dénoncé, dans un entretien accordé à l’AIP, les effets particulièrement néfastes de l’orpaillage sur la qualité des ressources en eau, notamment dans la portion ivoirienne du bassin de la Volta, située dans les régions du Gontougo et du Bounkani.
« Le phénomène de l’orpaillage, marqué par l’utilisation de produits chimiques, notamment le mercure, constitue un véritable fléau dont les effets néfastes sont malheureusement visibles sur la qualité des ressources en eau, avec des conséquences directes sur les écosystèmes, la biodiversité ainsi que sur l’ensemble des activités tributaires de cette ressource », a-t-il déclaré.
Dr Kwamé s’exprimait à l’issue du cinquième Forum des parties prenantes du Bassin de la Volta, tenu du 22 au 27 juin à Abidjan. Cette rencontre a réuni les représentants des six États membres de l’ABV, à savoir le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Mali et le Togo.
L’atelier s’inscrivait dans le cadre du projet intitulé « Inverser les tendances de la dégradation des écosystèmes et des ressources en eau dans le Bassin de la Volta », qui vise à promouvoir une gestion durable des ressources naturelles partagées.
Le point focal national de l’ABV a rappelé que les populations riveraines tirent essentiellement leurs revenus et leurs moyens de subsistance des activités agricoles, notamment des cultures de coton, de maïs, d’anacarde et de mil, ainsi que du maraîchage avec la production de légumes tels que le concombre, le piment, l’oignon et la tomate.
Face à cette situation qu’il juge particulièrement préoccupante, il a lancé un appel à une mobilisation collective afin d’enrayer la dégradation continue des écosystèmes dans cette partie du pays.
Au-delà de l’orpaillage, Dr Kwamé Auguste a également mis en cause l’utilisation abusive des herbicides et autres produits phytosanitaires dans les exploitations agricoles. Selon lui, ces substances contribuent à la pollution des sols et des cours d’eau, tout en accélérant la destruction de la faune et de la flore aquatiques.
Il a expliqué que le recours à ces produits répond certes à une volonté d’améliorer les rendements agricoles, mais qu’il s’effectue souvent au détriment de la préservation de l’environnement et sans réelle prise en compte des conséquences à long terme sur les ressources naturelles.
Créée en 2006 par les six États partageant le bassin de la Volta, l’ABV a pour mission de promouvoir une gestion concertée et durable de ce réseau hydrographique transfrontalier. Le bassin couvre une superficie de plus de 400 000 km² et constitue un moyen de subsistance pour près de 35 millions de personnes.
(AIP)
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