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Côte d’Ivoire-AIP/ L'État consacre près de 200 milliards de FCFA pour amortir les effets de la crise pétrolière

Côte d’Ivoire-AIP/ L'État consacre près de 200 milliards de FCFA pour amortir les effets de la crise pétrolière

Par PIECHION BENJAMIN SORO / 2 août 2026 à 14:20 / il y a 5 heures / Temps de lecture : 3 min

Abidjan, 02 août 2026 (AIP)-Le gouvernement ivoirien a mobilisé près de 200 milliards de FCFA jusqu’à fin août 2O26 pour amortir les effets de la flambée des cours du pétrole sur le marché international et préserver le pouvoir d’achat des populations, selon des informations du ministère des Mines, du Pétrole et de l’Energie.

Grâce à cet effort budgétaire exceptionnel, la hausse des prix des carburants, entrée en vigueur le 1er août 2026, a été limitée à 30 FCFA sur le litre de Super et à 25 FCFA sur le litre de gasoil, alors que les niveaux qu’imposait la conjoncture internationale auraient été nettement plus élevés.

Selon les nouvelles dispositions, le litre de Super est passé de 875 à 905 FCFA, soit une augmentation de 3,43 %, tandis que le gasoil est désormais vendu à 725 FCFA contre 700 FCFA précédemment, correspondant à une hausse de 3,57 %.

Cette décision intervient dans un contexte marqué par une crise pétrolière internationale provoquée par le conflit armé au Moyen-Orient. Depuis le 28 février 2026, la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite près d’un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde, a fortement perturbé les chaînes mondiales d’approvisionnement.

Cette situation a entraîné une envolée des cours du pétrole, le prix du baril passant de 71 dollars en février 2026 à un pic de 144 dollars en avril, avant de se replier autour de 90 dollars à la fin du mois de juillet, un niveau qui demeure largement supérieur à celui observé avant le déclenchement de la crise.

Face à cette flambée des cours, la Côte d’Ivoire, à l’instar de nombreux pays importateurs, n’a pu échapper aux tensions sur les prix des produits pétroliers. Les autorités avaient toutefois maintenu les tarifs inchangés jusqu’à la fin du mois d’avril 2026 avant de procéder, en mai, à un premier ajustement, portant le prix du Super de 820 à 875 FCFA et celui du Gasoil de 675 à 700 FCFA le litre.

Les autorités expliquent que, sans l’intervention de l’État, le litre de super aurait dû être commercialisé à 1 120 FCFA en août 2026, soit une hausse de 245 FCFA, tandis que celui du gasoil aurait atteint 894 FCFA, en augmentation de 194 FCFA. Le gouvernement a toutefois choisi d’absorber la majeure partie de cette hausse afin d’en limiter les conséquences sur les ménages, les transporteurs et les entreprises.

Ce soutien financier, estimé à près de 200 milliards de FCFA à fin août 2026, illustre la volonté des pouvoirs publics d’atténuer les effets de la crise énergétique mondiale tout en garantissant la disponibilité des produits pétroliers sur le marché national.

S’agissant des perspectives nationales, les autorités rappellent que, malgré les découvertes des gisements de Baleine, Calao et Murphy, la Côte d’Ivoire demeure un producteur de pétrole de taille modeste, avec une capacité actuelle d’environ 75 000 barils par jour. Le pays ambitionne de porter cette production à 200 000 barils par jour à l’horizon 2030, puis à 500 000 barils par jour en 2035.

En l’état actuel, cette production ne permet pas encore de générer des ressources suffisantes pour neutraliser durablement les effets des fluctuations du marché international, les prix des produits pétroliers demeurant largement déterminés par l’évolution de l’offre et de la demande à l’échelle mondiale.

(AIP)

bsp/fmo