Côte d'Ivoire-AIP/ Côte d'Ivoire-AIP/ Des journalistes reçoivent leurs certificats au terme de six mois de formation en fact-checking
Par DESIREE AIMEE FLORENCE SON / 3 août 2026 à 12:55 / il y a 49 minutes / Temps de lecture : 3 minAbidjan, 3 août 2026 (AIP) – Des journalistes et professionnels des médias ont reçu leurs certificats de fin de formation à l’issue d’un programme de six mois consacré à la vérification des faits (fact-checking), lors d’une cérémonie organisée à la Maison de la presse d’Abidjan-Plateau avec l’appui de l’ambassade d’Allemagne en Côte d’Ivoire et de la GIZ, en présence de l’ambassadeur d’Allemagne, Matthias Veltin.
La cérémonie, ponctuée par des panels et des échanges d’expériences, et qui s’est tenue vendredi 31 juillet 2026, a permis aux intervenants de rappeler les enjeux de la lutte contre la désinformation et de mettre en lumière les bonnes pratiques en matière de vérification des informations à l’ère du numérique.
Prenant part à un panel, le journaliste Valdez Olanina, chef du bureau d’Africa Check pour l’Afrique francophone et chercheur associé au GIRMEC de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, a expliqué que l’intelligence artificielle constitue un outil d’appui efficace pour les journalistes et les vérificateurs de faits.
Selon lui, ces technologies permettent d’accélérer la recherche d’informations fiables, de faciliter l’agrégation et le recoupement de données ainsi que le suivi des contenus diffusés sur les réseaux sociaux.
« Les outils d’IA permettent aujourd’hui de reconnaître des contenus générés par intelligence artificielle, qu’il s’agisse de textes, d’images, d’audios ou de vidéos. Ils représentent un véritable soutien dans le travail de vérification des faits », a-t-il indiqué.
Le spécialiste a notamment recommandé l’utilisation de l’outil Trust IA, qui permet d’évaluer le niveau de fiabilité de certains contenus numériques. Il a également rappelé que des assistants conversationnels tels que ChatGPT ou Claude peuvent contribuer à la recherche documentaire, à condition que les journalistes exigent systématiquement des sources et procèdent à des vérifications indépendantes.
Insistant sur la responsabilité des professionnels des médias, M. Olanina a averti que l’intelligence artificielle ne devait en aucun cas se substituer au travail du journaliste.
« L’IA reste un outil qui permet de gagner du temps, mais elle ne remplacera jamais la rigueur exigée dans le travail de vérification des faits », à-t-il souligné.
Parmi les bénéficiaires, Ida Tra Lou, productrice à Radio Poro FM, a témoigné des changements apportés par cette formation dans les pratiques professionnelles de sa rédaction.
« Aujourd’hui, notre premier réflexe lorsque nous recevons une information est de la vérifier avant toute diffusion », a-t-elle déclaré.
Elle a expliqué que l’ensemble de son équipe avait bénéficié de cette formation, favorisant l’adoption d’une culture de vérification systématique de l’information.
Mme Tra Lou a également mis en avant les productions réalisées en langues locales, notamment en sénoufo et en malinké, afin de sensibiliser les populations aux dangers de la désinformation.
« Les communautés nous sollicitent désormais pour vérifier certaines informations. Les émissions de fact-checking diffusées en langues locales ont renforcé la confiance entre notre radio et les populations », s’est-elle réjouie.
Cette initiative s’inscrit dans les actions de renforcement des capacités des professionnels des médias afin de promouvoir une information fiable et de contribuer à la lutte contre la désinformation, à travers une pratique plus rigoureuse du fact-checking.
(AIP)
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