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Côte d'Ivoire-AIP/ Pr Josué Guébo décrypte l'ouvrage « La sorcellerie n’existe pas » de Boa Thiémélé Ramsès

Côte d'Ivoire-AIP/ Pr Josué Guébo décrypte l'ouvrage « La sorcellerie n’existe pas » de Boa Thiémélé Ramsès

Par AIP Songon / 18 août 2026 à 08:34 / il y a 6 heures / Temps de lecture : 4 min

Abidjan, 18 août 2026 (AIP)- L’enseignant de philosophie à l’Université Félix Houphouet-Boigny, Pr Josué Guébo, par ailleurs critique littéraire, a souligné que l’ouvrage « La sorcellerie n’existe pas » de l’éminent professeur titulaire de philosophie, Boa Thiémélé Ramsès, par-delà la boutade du titre, révèle un penseur beaucoup moins intéressé par l’existence de la sorcellerie que par la représentation que s’en fait le sens commun.

« Non, Boa Thiémélé a mieux à faire que surveiller qui voltige de nuit ou qui marche sur une jambe, entre chien et loup, quelque part en un lieu perdu de la brousse. Ce dont traite l’essai du philosophe ivoirien c’est du refus d’une opacité posée comme paradigme, c’est-à-dire, système d’explication générique du réel », a indiqué le critique littéraire, Pr Josué Guebo, dans une note d’information transmise lundi 17 août 2026 à l’AIP.

Selon lui, l’analyse externaliste du fait, l’essai du Pr Boa Thiémélé aborde le phénomène de la sorcellerie du point de vue de son impact cognitif et de sa résonance sociétale. Pour M. Boa, une interprétation des phénomènes existentiels à l’aune du raccourci sorcellaire n’est rien moins que refus de l’effort réflexif et donc démission quant au devoir de rationalité s’imposant à tout sujet pensant, selon le critique littéraire.

« L’argument de la sorcellerie, écrit le philosophe, coupe court ; il ne veut pas scruter les méandres du monde et des consciences. Il prend le chemin rapide des affirmations gratuites et spectaculaires. Quand la sorcellerie devient un principe d’explication de tous les faits étranges, elle apparaît comme un aveu d’impuissance devant la complexité du monde. Elle refuse d’interroger le réel et encourage l’obscurantisme (Boa, 2010 : 121)», a déclaré Pr Josué Guebo.

Selon le critique philosophique, à travers cet ouvrage l’on pourrait penser qu’une subordination à la mystification sorcellaire ne toucherait que ceux peu élevés aux humanités. Pourtant, pour le philosophe ivoirien Boa Ramsès, un tel biais concerne aussi des hiérarques qui bien que censés éclairer les masses, s’abandonnent à l’irrationnel.

« Il apparait, dès lors, que les adversaires de Boa Thiémélé ne sont pas tant les supposés sorciers, que ceux qu’on pourrait nommer les « Maplasophes », ces lettrés qui refusant d’aborder rationnellement le monde tendraient à ériger l’opacité sorcellaire en système générique d’explication du réel.», a souligné le Pr Josué Guebo.

Ainsi, contre eux, le critique estime que le penseur d’Angré, Pr Boa Ramsès a la dent dure pose un problème. « Que vaut une société quand, par paresse, ses élites refusent d’interpréter la culture à la lumière des nouveaux cadres d’intelligibilité ? Les élites, en donnant du crédit aux superstitions, renoncent à leur fonction critique et de producteurs des savoirs (Boa, 2010 : 107).», a soutenu le Pr Guebo.

D’ailleurs, le critique a souligné que c’est précisément ici qu’émerge le concept de « Dégaoutique » en antidote aux Maplasophes et comparses. Il explique que ce système de pensée, forgé par Boa Thiémélé, la Dégaoutique fonctionne à la fois comme théorie de la connaissance, humanisme et éthique.

Du radical « Gaou » et du préfixe « Dé », le concept ramène au devoir de préférer aux postulats préétablis, ceux admis au terme d’un examen rationnel. Car, professe Boa Thiémélé, ce n’est pas à l’opacité d’éclairer la complexité, mais à la clarté (rationnelle) de démêler l’écheveau des énigmes !

« Alors, non, la sorcellerie n’existe pas. Elle n’existe assurément pas comme mode idoine d’explication des phénomènes existentiels. », a conclu le critique littéraire et philosophique, Pr Josué Guebo.

(AIP)

tg/fmo