Côte d’Ivoire-AIP/ Des acteurs ouest-africains renforcent leurs capacités sur les marchés carbone à Abidjan
Par GEORGES AUBIN KONAN / 15 septembre 2026 à 20:55 / il y a 4 heures / Temps de lecture : 3 minAbidjan, 15 sept 2026 (AIP) – Un atelier sous-régional de renforcement des capacités des acteurs du secteur financier sur les marchés carbone s’est ouvert, mardi 15 septembre 2026 à Abidjan Plateau, avec la participation de représentants de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Togo et du Bénin.
Organisée sur deux jours, la rencontre vise à renforcer la maîtrise des mécanismes des marchés carbone et de l’Article 6 de l’Accord de Paris, tout en permettant aux acteurs financiers d’identifier les opportunités de financement et d’investissement liées à la transition vers une économie sobre en carbone.
Les participants échangent notamment sur les risques climatiques, réglementaires et financiers associés aux marchés carbone, ainsi que sur les possibilités de financement des projets climatiques, des crédits carbone et des instruments financiers innovants.
Intervenant au nom du ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, la directrice de cabinet adjointe, Indica Yanni-Domingo, a souligné que « l’urgence climatique constitue désormais un défi majeur pour l’économie et les finances ».
Elle a rappelé que la Côte d’Ivoire s’est engagée, dans le cadre de l’Accord de Paris, à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 33,07 % à l’horizon 2030. La mise en œuvre de cet engagement nécessite, selon elle, des ressources estimées à 32 925 milliards de FCFA, dont 5 948 milliards de financement national inconditionnel et 26 977 milliards de ressources conditionnelles.
« Face à ces besoins, le marché carbone apparaît comme une opportunité pour attirer davantage d’investissements verts », a-t-elle déclaré, appelant les banques, assurances, fonds d’investissement et autorités de régulation à s’impliquer dans la mobilisation des capitaux et la gestion des risques liés à la finance climatique.
Le coordonnateur de l’Alliance ouest-africaine sur le marché carbone et la finance climatique, Ousmane Sarr, a également appelé le secteur financier à dépasser une position d’observation pour participer à la structuration et au financement des projets climatiques.
Selon lui, la demande mondiale de crédits carbone, estimée entre 1 et 2,5 milliards de dollars en 2024-2025, pourrait atteindre 10 à 50 milliards de dollars d’ici 2030, notamment sous l’effet de l’Article 6 de l’Accord de Paris.
La secrétaire technique du Bureau du marché carbone (BMC), Rachel Boti, a indiqué que les travaux permettront notamment d’examiner les cadres réglementaires, d’étudier des cas concrets et d’explorer des mécanismes de financement climatique adaptés.
La directrice pays de la Fondation IDH, Stéphanie Kadio, a estimé que ces échanges devraient contribuer à l’émergence de produits financiers innovants en faveur de la transition bas-carbone en Côte d’Ivoire et dans la sous-région.
Créé en 2024, le BMC est chargé de faciliter l’accès aux financements carbone et de veiller à la transparence et à la crédibilité des projets.
(AIP)
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