Côte d’Ivoire-AIP/Inter/ À Xiong’an, les robots passent de la science-fiction aux services de santé (Reportage)
Par SIMON BENJAMIN BASSOLE / 17 septembre 2026 à 17:53 / il y a 5 heures / Temps de lecture : 6 min(Simon Benjamin Bassolé, envoyé spécial à Pékin)
Xiong’an (Chine), 17 sept 2026 (AIP)- Des robots capables d’effectuer certains examens de santé, des drones destinés aux interventions difficiles d’accès et des dispositifs recourant à l’intelligence artificielle : à Xiong’an, dans la province chinoise du Hebei, les technologies numériques investissent progressivement les services destinés aux populations, dans une ville conçue comme un laboratoire grandeur nature.
Dans le village scientifique et technologique de Xiong’an, des journalistes ivoiriens en immersion en Chine ont eu droit à une démonstration donnant un aperçu de cette ambition.
Intelligence artificielle, technologies numériques, économie verte, sciences du vivant et nouveaux matériaux constituent quelques-uns des domaines explorés par les entreprises installées dans cet espace dédié à l’innovation.
Selon les responsables du site, quelque 280 entreprises y ont déjà établi leurs activités. Le parc compte également une plateforme destinée à favoriser les échanges entre les entreprises, les chercheurs et les institutions publiques.
Plus de 1 400 produits ont déjà été développés à partir des travaux menés par les entreprises présentes sur le site. Le dispositif repose notamment sur l’accompagnement technologique, le soutien aux talents et des mécanismes d’appui public destinés à attirer les compétences dans la nouvelle ville.
Des robots au service de la santé
Parmi les innovations présentées, un robot destiné aux examens de santé retient particulièrement l’attention. L’usager scanne un code QR avant de se soumettre à différents contrôles. À l’issue de la procédure, la machine génère un rapport susceptible d’être exploité par les professionnels de santé.
Les promoteurs de la technologie évoquent un niveau de fiabilité pouvant atteindre 90 à 100 %, tout en soulignant que ces dispositifs ne se substituent pas au médecin.
« Il faut d’abord consulter le médecin à l’hôpital », explique le guide, précisant que les équipements sont conçus pour compléter le travail des professionnels et contribuer à l’établissement du diagnostic.
Des hôpitaux, des entreprises publiques et des cabinets privés figurent parmi les utilisateurs de ces solutions. Certaines opérations, notamment dans le cadre de prélèvements ou d’examens biologiques, peuvent être automatisées, tandis que les biologistes demeurent impliqués dans l’analyse et la validation des résultats.
Cette automatisation vise notamment à réduire les tâches répétitives et à faciliter l’accès à certains services médicaux.
La visite se poursuit avec la présentation d’un drone polyvalent destiné à intervenir dans des situations difficiles d’accès. L’appareil peut notamment être mobilisé pour la lutte contre les incendies, le nettoyage de façades vitrées en hauteur ou certaines opérations nécessitant une intervention à distance.
La réalité virtuelle fait également partie des technologies expérimentées. Elle permet de reproduire des situations réelles afin de faciliter leur simulation et la préparation des interventions.
Une ville construite autour du vert
À quelques kilomètres du village technologique, le paysage change avec Xiong’an Green Valley. Ici, les arbres et les espaces naturels occupent une place centrale dans le projet urbain.
Située au nord de la zone urbaine, cette vaste vallée verte est organisée autour de parcs, de plans d’eau et d’axes végétalisés. Le plus important lac du site, dont le nom chinois signifie « la perle », constitue l’un des principaux points d’attraction.
Un pont sert d’axe central autour duquel ont été aménagés des espaces de détente, une librairie, des commerces culturels et des lieux de restauration. L’architecture associe des références à la dynastie chinoise des Song à des influences contemporaines venues d’Orient et d’Occident.
Le modèle de Central Park, à New York, est évoqué par les responsables du site. Mais à Xiong’an, la démarche se veut différente : les espaces verts sont intégrés à la planification avant même l’édification de certaines constructions.
Un bâtiment circulaire accueille ainsi une entreprise nationale active dans les domaines des sciences du vivant, des matériaux et de la chimie. Plus loin, le centre financier regroupe plusieurs organismes, tandis qu’un édifice en forme de feuille de lotus abrite un théâtre et des espaces d’exposition.
La connectivité constitue également un élément important de la planification. La liaison ferroviaire à grande vitesse permet notamment de rejoindre l’aéroport de Pékin en environ 30 minutes, selon les responsables du site.
« Planter d’abord, construire ensuite »
La particularité de Xiong’an Green Valley réside surtout dans la méthode d’aménagement revendiquée par ses concepteurs : planter avant de construire.
« On plante les végétaux d’abord, on clôture et on bâtit ensuite », explique le guide, présentant cette démarche comme une manière d’intégrer le vivant au cœur du développement urbain.
Les espaces végétalisés doivent contribuer à l’amélioration du cadre de vie, mais également offrir des habitats favorables à la biodiversité.
Cette conception traduit l’ambition affichée pour Xiong’an, ville nouvelle créée pour accueillir des activités économiques, scientifiques et administratives tout en limitant la pression environnementale.
Les responsables locaux revendiquent ainsi l’idée d’un modèle inspiré de la Silicon Valley américaine, mais orienté vers l’écologie, les technologies propres et les sciences de la vie.
« Ce n’est pas une vallée de silicone, c’est une vallée verte », résume le guide.
À Xiong’an, la technologie et l’environnement sont donc appelés à évoluer ensemble. Les robots destinés aux services de santé, les drones et les outils de réalité virtuelle illustrent la dimension technologique du projet, tandis que les parcs, les lacs et les espaces boisés traduisent son ambition écologique.
Reste toutefois à mesurer, dans la durée, l’impact réel de ces innovations sur le quotidien des habitants et leur capacité à passer du stade de démonstration technologique à celui de services largement accessibles.
À Xiong’an, le pari est ainsi double. Faire pousser une ville nouvelle autour de la nature et faire des nouvelles technologies des auxiliaires du quotidien.
(AIP)
bsb/cmas