Côte d’Ivoire-AIP/Orpaillage illégal : le préfet de Bouaflé menace de retirer les arrêtés de nomination des chefs de village
Par NORBERT SEHI / 19 septembre 2026 à 11:49 / il y a 2 heures / Temps de lecture : 3 minBouaflé, 19 sept 2026 (AIP)- Le préfet de région, préfet du département de Bouaflé, Gonbagui Gueu Georges, a averti, vendredi 18 septembre 2026, à Tibéita, que les chefs de village pourraient perdre leur arrêté de nomination s’ils ne prennent pas les dispositions nécessaires pour faire fermer les sites d’orpaillage illégal dans leurs localités.
« Si vous ne faites pas, votre arrêté de nomination vous sera retiré », a déclaré le préfet lors d’une mission du Comité départemental de lutte contre l’orpaillage illégal (CDLOI) dans la sous-préfecture de Tibéita.
Cette mise en garde s’inscrit dans le cadre des instructions données aux préfets de région lors de leur réunion tenue les 4 et 5 septembre à Yamoussoukro, avec un délai de six mois pour mettre fin à l’orpaillage illégal dans leurs ressorts respectifs.
Le préfet a appelé les chefs de village à exercer pleinement leur rôle dans la prévention et le signalement des activités d’orpaillage illégal, en veillant notamment à empêcher l’installation de nouveaux sites dans leurs localités.
Dans la sous-préfecture de Tibéita, qui compte huit villages, il a indiqué qu’un seul site d’orpaillage illégal avait été recensé, à Baziafla. Il a demandé au représentant du chef de ce village de prendre les dispositions nécessaires pour faire cesser cette activité, annonçant une première évaluation de la situation à la fin du mois.
Gonbagui Gueu Georges a, par ailleurs, invité les chefs de village à saisir les sous-préfets en cas de résistance ou de conflit avec des personnes impliquées dans l’orpaillage illégal, plutôt que de s’exposer à des affrontements.
« Si quelqu’un s’oppose à votre volonté de mettre fin à l’orpaillage illégal, ne vous engagez pas dans des affrontements. Saisissez le sous-préfet », a-t-il conseillé.
Le préfet a également appelé les responsables des femmes et des jeunes à signaler aux autorités les personnes qui tireraient profit de l’orpaillage illégal ou contribueraient à son maintien. Il a prévenu que le silence de personnes informées de pratiques illégales pourrait également engager leur responsabilité.
Il a insisté sur la nécessité de lutter contre les différentes formes de complicité, citant notamment les propriétaires terriens qui mettent leurs parcelles à la disposition des orpailleurs illégaux et les personnes qui assurent leur approvisionnement en carburant.
Les conducteurs de motos et de tricycles transportant du carburant destiné aux sites d’orpaillage illégal ont également été mis en garde contre d’éventuelles poursuites judiciaires.
Le préfet a demandé que tout acte de complicité impliquant des agents publics ou des responsables locaux soit signalé aux autorités compétentes.
Il a enfin invité les chefs de village à renforcer la surveillance dans leurs localités, notamment en s’informant des activités des personnes nouvellement installées. Il a toutefois précisé que cette démarche ne devait pas conduire à stigmatiser les personnes venues d’autres régions, notamment les agriculteurs, éleveurs, commerçants et bouviers.
Cette mission du CDLOI à Tibéita intervient deux jours après celle effectuée à Angovia, le 16 septembre, dans le cadre de la lutte contre l’orpaillage illégal dans le département de Bouaflé.
(AIP)
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