Côte d’Ivoire-AIP/ L’AB.AOC vise 50 000 nouvelles installations de biodigesteurs d’ici 2030
Par MARYAM COULIBALY / 22 septembre 2026 à 11:48 / il y a 42 minutes / Temps de lecture : 4 minAbidjan, 22 sept 2026 (AIP) – L’Alliance pour le biodigesteur en Afrique de l’Ouest et du Centre (AB.AOC) ambitionne d’installer 50 000 nouveaux biodigesteurs entre 2026 et 2030 dans ses huit pays membres, afin de porter le parc cumulé à 74 000 installations à l’horizon 2030.
Cette perspective a été présentée lors d’un déjeuner de presse organisé par le ministère des Ressources animales et halieutiques, lundi 21 septembre 2026 à l’hôtel Palm Club, à Abidjan Cocody, dans le cadre du « Mois du Biodigesteur 2026 », une campagne de sensibilisation menée courant septembre en Côte d’Ivoire par l’AB.AOC.
Selon l’Alliance, 24 000 biodigesteurs sont déjà installés dans les pays membres, constituant la situation de référence pour la mise en œuvre du Plan stratégique 2026-2030.
La responsable chargée de la Côte d’Ivoire à l’AB.AOC, Yameogo Sylvie, a expliqué que cette technologie permet de transformer les déchets organiques, notamment le fumier, les résidus agricoles et les eaux usées, en biogaz et en digestat. Le premier est utilisé notamment pour la cuisson et l’éclairage, tandis que le second constitue un biofertilisant destiné à améliorer la qualité des sols.
Pour la période 2026-2030, l’AB.AOC prévoit ainsi de renforcer le développement d’un marché compétitif du biodigesteur, d’accompagner les entreprises locales de construction et de services et d’accroître les effets de cette technologie sur l’énergie, l’environnement et les conditions de vie des populations.
La mise en œuvre du plan devrait permettre de produire 1,51 TWh d’énergie, pour une puissance installée de 421 MW, et de substituer plus de 1,35 million de tonnes de biomasse.
Sur le plan climatique et environnemental, les projections portent sur l’évitement de 1,32 million de tonnes équivalent CO₂, la préservation de 108 570 hectares de forêts et la production de plus de 888 300 tonnes de biofertilisants.

En matière d’impact social, quelque 444 000 personnes devraient être touchées, dont 370 000 femmes et enfants qui bénéficieraient d’un air intérieur plus sain grâce à la réduction de l’utilisation du bois-énergie. Le plan prévoit également la création de 5 180 emplois directs et la formation de 148 000 utilisateurs.
Mme Yameogo a relevé qu’un biodigesteur domestique de référence de 4 m³ peut permettre d’éviter environ quatre tonnes de CO₂ par an et par installation, tout en réduisant la consommation de bois-énergie. Le digestat produit peut, lorsqu’il est excédentaire, être utilisé ou commercialisé comme fertilisant.
Elle a également souligné les possibilités de valorisation des réductions d’émissions à travers les mécanismes de crédit carbone, ainsi que la contribution du biodigesteur à la gestion des déchets organiques en milieu urbain et à la réduction des dépenses énergétiques des ménages.
En Côte d’Ivoire, cette technologie s’inscrit notamment dans les orientations nationales relatives au développement de l’élevage, à la vulgarisation agricole, à la stratégie de développement du biogaz et du compost pour la période 2020-2030 et au Programme national d’investissement agricole (PNIA) de troisième génération.
Créée en 2018 par le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo, l’AB.AOC œuvre à faciliter le développement durable du marché du biodigesteur dans ses Etats membres. Son secrétariat exécutif est basé à Ouagadougou, au Burkina Faso.
L’Alliance prévoit par ailleurs l’élargissement de son espace aux pays engagés dans la démarche, notamment le Tchad, appelé à rejoindre les huit Etats membres avant la fin de 2026.
(AIP)
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