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Côte d’Ivoire-AIP/La Nuit du conte entend faire de la tradition orale un outil de sensibilisation à la biodiversité

Côte d’Ivoire-AIP/La Nuit du conte entend faire de la tradition orale un outil de sensibilisation à la biodiversité

Par RAYMOND DIBI / 27 septembre 2026 à 16:02 / il y a 4 heures / Temps de lecture : 3 min

Abidjan, 27 sept 2026 (AIP)- La première édition de la « Nuit du conte », prévue samedi 3 octobre 2026 à l’université Félix Houphouët-Boigny (UFHB) d’Abidjan, entend s’appuyer sur la tradition orale pour sensibiliser la jeunesse à la préservation de la biodiversité et à la cohésion sociale.

Le projet a été présenté vendredi 25 septembre 2026 à Cocody, lors d’une conférence de presse animée par le spécialiste des civilisations africaines et de littérature orale, le professeur titulaire Tououi Bi Irié Ernest, en présence des organisateurs de l’événement.

Initiée par la Société africaine des cultures et des sciences (SACS), en partenariat avec l’Unité pédagogique de littérature orale de l’UFHB et d’autres établissements universitaires, cette manifestation est placée sous le thème « La contribution du conte oral au développement durable par la préservation de la cohésion sociale et de la biodiversité en Côte d’Ivoire ».

Pour le Pr Tououi Bi Irié Ernest, le conte constitue un moyen de transmission des connaissances et des valeurs, susceptible d’être mobilisé pour rapprocher les jeunes des problématiques liées à leur environnement.

« Le conte n’est pas dépassé. Nous avons intérêt à le sauver pour qu’il continue de servir de levier d’éducation et d’équilibre de nos communautés », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité d’adapter la tradition orale aux réalités de la société contemporaine.

Le spécialiste estime notamment que les médias et les outils numériques offrent de nouvelles possibilités de diffusion aux récits traditionnels, autrefois essentiellement transmis dans les villages, les familles et les espaces communautaires.

La « Nuit du conte » entend ainsi établir un lien entre les savoirs véhiculés par les traditions orales et les enjeux actuels de préservation des écosystèmes. Les organisateurs prévoient notamment d’intégrer ces questions dans les activités d’enseignement et de recherche, ainsi que dans les initiatives culturelles et scientifiques consacrées à la cohésion sociale et à la biodiversité.

Cette orientation intervient dans un contexte marqué par la dégradation des écosystèmes ivoiriens. Selon les données évoquées par le Pr Tououi Bi Irié Ernest, le couvert forestier du pays est passé d’environ 16 millions d’ha au cours du siècle dernier à 2,97 millions d’ha actuellement, tandis que 95 % des mangroves ont disparu en 50 ans.

La SACS souhaite, à travers cette initiative, contribuer à sensibiliser particulièrement les jeunes à la protection des espèces animales et végétales ainsi qu’à la sauvegarde des milieux naturels, tout en encourageant la recherche universitaire sur les relations entre patrimoine oral, biodiversité et développement local.

Pour cette première édition, cinq groupes d’étudiants de Master de Lettres modernes prendront part à un concours de contes. Chaque groupe devra s’inspirer de l’univers culturel d’un peuple de Côte d’Ivoire, notamment à travers les récits, les costumes traditionnels et les représentations culturelles.

Les prestations devront également revisiter les récits traditionnels à la lumière des enjeux contemporains de cohésion sociale et de protection de la biodiversité.

(AIP)

rd/kp