Côted'Ivoire-AIP/AITEK Innovation Summit: Amadou Coulibaly appelle à transformer l’IA en emplois, entreprises et valeur pour l’Afrique
Par ALAIN ZAGADOU / 3 octobre 2026 à 07:39 / hier / Temps de lecture : 4 minAbidjan, 2 oct 2026 (AIP) – Le ministre de la Communication, Amadou Coulibaly, a appelé, vendredi 2 octobre 2026 à Abidjan-Marcory, les acteurs de l’écosystème numérique à dépasser le stade de l’expérimentation de l’intelligence artificielle (IA) pour en faire un véritable levier de création d’emplois, d’entreprises, de compétences et de valeur sur le continent africain.
Intervenant à l’ouverture de la deuxième édition de l’AITEK Innovation Summit, placée sous le thème « De l’intelligence artificielle à l’impact », M. Coulibaly a estimé que l’IA « n’est plus une promesse », soulignant qu’elle est désormais présente dans les administrations, les banques, les hôpitaux et les entreprises, parfois même sans que son intégration ait été pleinement décidée.
Selon lui, l’enjeu n’est donc plus de savoir si l’intelligence artificielle va transformer les organisations, mais de déterminer qui en fixera les règles, qui maîtrisera les infrastructures et qui en tirera le plus de valeur.
« Le vrai risque serait qu’ils [les jeunes] maîtrisent l’intelligence artificielle, mais qu’ils doivent aller chercher ailleurs pour trouver les moyens de l’exercer », a-t-il déclaré, appelant à créer les conditions permettant aux jeunes Africains de valoriser leurs compétences sur le continent.
Le ministre a identifié trois exigences essentielles pour construire cette souveraineté numérique : la maîtrise des données, la sécurité et les compétences.
Concernant les données, il a précisé que leur maîtrise ne signifie pas nécessairement qu’elles doivent toutes être conservées sur le territoire national, mais que les Etats doivent savoir où elles sont traitées, selon quelles règles, qui peut y accéder et surtout conserver « la capacité de choisir ».
Cette capacité, a-t-il relevé, nécessite la disponibilité d’infrastructures et de compétences, mais également une coopération entre les pays africains, compte tenu de leurs capacités individuelles limitées.
Sur le volet sécuritaire, Amadou Coulibaly a relevé que l’IA accroît également les capacités des acteurs malveillants, notamment à travers les cyberattaques, les campagnes de désinformation, les fraudes et les intrusions.
En sa qualité de porte-parole du gouvernement, il a particulièrement insisté sur le coût de la manipulation de l’information pour la cohésion sociale et la confiance entre l’Etat et les citoyens.
Le ministre de la Communication a également plaidé pour une plus grande implication des entreprises, startups, intégrateurs, éditeurs et ingénieurs ivoiriens dans les projets de transformation numérique.
Il a invité les donneurs d’ordres publics et privés à intégrer davantage les compétences locales dans leurs arbitrages, estimant que la proximité et la connaissance de l’environnement socioculturel constituent des atouts économiques importants.
« La transformation numérique de notre pays ne peut reposer uniquement sur l’importation de la technologie. Elle doit aussi construire ici les capacités nécessaires pour intégrer, adapter, déployer et maintenir ces solutions dans la durée », a-t-il soutenu.
Pour Amadou Coulibaly, un sommet consacré à l’innovation technologique n’a de véritable portée que s’il débouche sur des décisions et des engagements concrets.
Il a ainsi souhaité que les travaux de cette deuxième édition permettent de faire un diagnostic lucide des insuffisances persistantes en matière de qualité des données, de modernisation des systèmes et de renforcement des compétences.
Le ministre a également appelé les participants à privilégier les résultats tangibles, notamment un projet financé, un partenariat signé ou une équipe formée, plutôt que la production de rapports sans suites opérationnelles.
Il a enfin placé la jeunesse au cœur de cette transformation, souhaitant que l’AITEK Innovation Summit permette de franchir une nouvelle étape : « parler moins de ce que la technologie rend possible et décider davantage de ce que nous voulons faire ».
La deuxième édition de l’AITEK Innovation Summit a réuni des représentants des pouvoirs publics, des entreprises, des entrepreneurs, des investisseurs et des acteurs de l’écosystème numérique autour des enjeux liés au passage de l’intelligence artificielle à des impacts concrets pour les économies africaines.
(AIP)
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