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Côte d'Ivoire-AIP/ L’UFHB célèbre la tradition orale à la première édition de la Nuit du conte

Côte d'Ivoire-AIP/ L’UFHB célèbre la tradition orale à la première édition de la Nuit du conte

Par RAYMOND DIBI / 4 octobre 2026 à 12:52 / il y a 3 heures / Temps de lecture : 5 min

Abidjan, 04 oct 2026 (AIP)- L’Université Félix Houphouët-Boigny (UFHB) a accueilli, samedi 3 octobre 2026, la première édition de la Nuit du conte, organisée sous la présidence du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et le parrainage de la ministre de la Culture et de la Francophonie, autour du thème : « Contribution du conte oral au développement durable par la préservation de la cohésion sociale et de la biodiversité en Côte d’Ivoire ».

Représentant le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr Simplice Dion a souligné la portée symbolique de cette initiative qui rapproche l’Université de la tradition orale. « Ce soir, puisqu’il s’agit de la Nuit du conte, l’université vient s’asseoir au cercle des conteurs », a-t-il déclaré.

Il a expliqué que la nuit constitue, dans de nombreuses traditions, un moment privilégié pour la parole, l’écoute et la transmission, avant de saluer l’engagement des initiateurs, de la Société africaine des cultures et des sciences (SACS) et de l’Unité pédagogique de littérature orale.

Abordant le lien entre tradition orale et préservation de la biodiversité, Pr Dion a relevé la place des animaux, des arbres et des cours d’eau dans les récits traditionnels. « Quand la forêt tombe, ce ne sont pas seulement des arbres qui disparaissent, ce sont les personnages de nos contes qui perdent leur maison », a-t-il souligné.

Selon lui, la protection de l’environnement doit également passer par la transmission de valeurs et de récits permettant de donner du sens à la préservation des écosystèmes. Il a plaidé pour un dialogue entre les sciences de la nature et les humanités et invité les étudiants à devenir des passeurs de mémoire et souhaité également une meilleure intégration des enjeux liés à la tradition orale, à la cohésion sociale et à la biodiversité dans les enseignements et les travaux de recherche.

Représentant le président de l’UFHB, Pr Alain Aboa, directeur de la Scolarité centrale, a salué la redécouverte d’une tradition orale dont la force demeure intacte. « Vous avez choisi de remettre le conte au cœur de la réflexion, de la transmission et du dialogue. Et vous avez eu raison », a-t-il déclaré.

Pour lui, le conte conserve la mémoire collective, exprime les valeurs d’une société et transmet une manière de comprendre les relations humaines. Il a estimé que sa réappropriation ne constitue ni un retour nostalgique vers le passé ni un rejet de la modernité, mais une manière d’interroger l’apport de cet héritage à la société contemporaine.

Il a également rappelé que l’Université constitue un espace où la société peut interroger son histoire, ses pratiques, ses représentations et ses valeurs.

Initiateur de la Nuit du conte, Pr Tououi Bi Irié Ernest, spécialiste des civilisations africaines et de littérature orale, a, pour sa part, défendu l’actualité de la tradition orale à l’ère du numérique. Il a présenté le conte comme une école de vie et un réservoir de valeurs, d’éthique et de philosophie, soulignant son rôle dans la transmission du vivre-ensemble, de la tolérance et du respect de la nature.

L’universitaire a fait savoir que la compétition permet de passer de l’enseignement théorique à la pratique et de valoriser les capacités de transmission des étudiants, avec l’ambition de faire de l’oralité un levier de développement et du patrimoine oral un élément du rayonnement culturel africain.

« Il ne s’agit pas de demander au conte de remplacer la science. Il s’agit plutôt de reconnaître que la science peut dialoguer avec d’autres formes de savoir et que les humanités ont, elles aussi, une contribution à apporter à la construction du monde durable », a-t-il expliqué.

Il a rappelé le partenariat entre la SACS et l’Unité pédagogique de littérature orale de l’UFHB, ainsi que l’hommage rendu au professeur Bernard Zadi Zaourou, dont il fut l’élève et qu’il considère comme son maître et son père.

La Nuit du conte a été marquée par une compétition entre cinq villages composés d’étudiants, à savoir Walédou, Gohitafla, Zoumafla, Badioka et Monguih. Des prix individuels ont récompensé notamment le meilleur agent rythmique, le meilleur costume, la meilleure mise en scène et le meilleur conteur, ainsi que des prix collectifs.

Le premier prix, décerné en hommage au professeur Bernard Zadi Zaourou, est revenu au village de Monguih, suivi de Zoumafla et de Badioka.

La cérémonie a enregistré la présence de plusieurs personnalités, dont la ministre Angèle Gnonsoa et Eugène Zadi, frère cadet du professeur Bernard Zadi Zaourou.

(AIP)

rd/fmo