Côte d’Ivoire-AIP / Conférence internationale de statistique : l’ENSEA appelle à renforcer la participation des femmes et des jeunes filles aux filières scientifiques
Par N'GOTTA N'Dri Toussaint / 6 octobre 2026 à 16:41 / il y a 1 heure / Temps de lecture : 5 minAbidjan, 06 oct 2026 (AIP) – Le directeur général de l’École nationale supérieure de statistique et d’économie appliquée (ENSEA), Dr Hugues Kouadio, a appelé, mardi 6 octobre 2026 à Abidjan, à renforcer la participation des femmes et des jeunes filles aux filières scientifiques et technologiques, estimant que leur pleine intégration constitue à la fois une exigence d’égalité et un enjeu majeur de développement.
« Permettre aux femmes et aux jeunes filles d’accéder pleinement à ces domaines constitue à la fois une exigence d’égalité et un enjeu de développement », a déclaré le directeur général de l’ENSEA à l’ouverture de la quatrième édition de la Conférence internationale de statistique et d’économie appliquée ( CISEA), organisée conjointement avec la 15e Africa Business and Entrepreneurship Research Society (ABERS), autour du thème, « Femme, STEM et développement : approches quantitatives et évaluation de l’impact».
Cette activité scientifique entend mettre en lumière le rôle des femmes dans les domaines des sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STEM) comme levier du développement économique et inclusif.
Selon Dr Hugues Kouadio, chaque jeune fille qui renonce à une filière scientifique, « faute d’encouragement, de moyens ou de perspectives », représente un talent perdu pour la société et une contribution potentielle à l’innovation qui ne pourra être réalisée.
Il a appelé les acteurs de l’éducation et de la recherche à mieux comprendre les obstacles qui limitent l’accès des filles aux sciences et à créer les conditions nécessaires à leur épanouissement, depuis l’apprentissage des mathématiques dès les premières années jusqu’à l’orientation scolaire, l’accès à l’enseignement supérieur et la progression vers les responsabilités scientifiques et professionnelles.
« Notre responsabilité collective est de mieux comprendre ces obstacles et de créer des conditions permettant à ces talents de se développer », a-t-il insisté.
Le directeur général de l’ENSEA a également souligné l’importance des statistiques et des approches quantitatives dans l’évaluation des politiques publiques en faveur de la participation des femmes aux sciences.
« La statistique, les approches quantitatives et l’évaluation nous donnent les moyens d’apporter des réponses rigoureuses à ces questions », a-t-il relevé, appelant les participants à identifier les interventions qui produisent des résultats, les publics concernés et les dispositifs susceptibles de faciliter l’accès des jeunes filles aux filières scientifiques.
Revenant sur l’évolution de la conférence internationale, le directeur général a rappelé que cette initiative est née de l’ambition de faire de l’ENSEA un espace de dialogue scientifique international où la statistique et l’économie appliquée contribuent à éclairer les grands défis du développement.
Il a notamment évoqué les précédentes éditions consacrées à la statistique et à l’économie numérique, aux changements climatiques et aux performances économiques, ainsi qu’aux chocs exogènes et aux stratégies de résilience des économies en développement.
Pour lui, cette continuité traduit une même ambition : « mobiliser les outils de la statistique et de l’économie pour comprendre les transformations de notre temps et éclairer les réponses publiques».
Dr Hugues Kouadio a souhaité que les trois journées ( 6, 7 et 8 octobre) de travaux permettent non seulement de faire progresser les connaissances, mais également de dégager des recommandations concrètes à l’intention des pouvoirs publics, des établissements de formation et des partenaires au développement.
« Former des statisticiens et des économistes, c’est former des professionnels capables de produire des données fiables, de les interpréter avec discernement et d’en tirer des enseignements utiles à la décision », a-t-il affirmé.
La conférence, organisée en mode hybride, réunit des chercheurs, universitaires, professionnels, étudiants et acteurs du développement. Elle offre également, selon le directeur général, une occasion de renforcer les collaborations entre les domaines de la statistique, de l’économie, de l’entrepreneuriat et du management.
Il a salué la participation de conférenciers venus de différents horizons ainsi que celle des intervenants prenant part aux travaux à distance, estimant que cette ouverture contribue à renforcer la dimension internationale de la rencontre.
Dr Kouadio a également accordé une attention particulière aux jeunes chercheurs et aux doctorants, les invitant à profiter de la conférence pour présenter leurs travaux, échanger avec leurs pairs, recueillir des observations et nouer de nouvelles collaborations.
« Partageons nos expériences et accompagnons ces ambitions. La vitalité de notre communauté scientifique dépend de cette relève », a-t-il déclaré.
Le directeur général a enfin exprimé sa reconnaissance aux partenaires institutionnels et techniques, notamment la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et la Banque mondiale, pour leur accompagnement dans les domaines de la formation et de la recherche.
Il a salué l’engagement des chercheurs, du personnel administratif et technique ainsi que des étudiants mobilisés pour l’organisation de cette rencontre scientifique.
« Nous souhaitons que les échanges contribuent à élargir les possibilités offertes aux femmes et aux jeunes filles dans les domaines scientifiques et technologiques, et à faire de leurs compétences une force pleinement reconnue dans le développement de nos économies », a-t-il ajouté.
La quatrième édition de la Conférence internationale de statistique et d’économie appliquée se tient autour des enjeux liés aux femmes dans les systèmes de développement, aux approches quantitatives et à l’évaluation des politiques publiques.
(AIP)
tn/fmo