Côte d’Ivoire-AIP/Le président de l’ANP préconise la formation des médias et du grand public contre la désinformation
Par KOUAO PASCAL / 18 octobre 2026 à 11:24 / il y a 6 heures / Temps de lecture : 3 minAbidjan, 18 oct 2026 (AIP) – Le président de l’Autorité nationale de la presse (ANP), Bakary Sanogo, a préconisé la formation des professionnels des médias et du grand public comme levier de lutte contre la désinformation, estimant qu’une meilleure éducation aux enjeux de l’information contribuerait à faire échec aux opérations de manipulation.
« Si les professionnels des médias, le grand public et la société civile sont bien formés, les opérations de désinformation vont s’effondrer d’elles-mêmes », a déclaré M. Sanogo, mardi 13 octobre 2026 à Abidjan, lors d’une table ronde consacrée aux manipulations et ingérences informationnelles étrangères.
Organisée par la Coopération allemande (GIZ), avec l’appui du ministère de la Communication et le financement du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et de l’Union européenne (UE), cette rencontre visait également à renforcer la concertation entre les acteurs engagés dans la promotion de la fiabilité de l’information en Côte d’Ivoire.
Le président de l’ANP a plaidé pour une meilleure communication entre l’organe de régulation et les médias, soulignant la nécessité de disposer d’une presse responsable, crédible et fiable, capable de fournir aux populations des informations justes et utiles.
L’ambassadeur d’Allemagne en Côte d’Ivoire, Matthias Veltin, a relevé que la désinformation dépasse désormais le cadre technologique et informationnel pour constituer un enjeu de sécurité internationale. Il a appelé à une réponse collective associant les institutions publiques, les régulateurs, les médias, la société civile, les chercheurs, les acteurs technologiques et les partenaires internationaux.
Son homologue de l’Union européenne, Irchad Ramiandrasoa Razaaly, a souligné que la position de la Côte d’Ivoire dans la sous-région et sur le continent l’expose, selon lui, à des campagnes de désinformation liées à des enjeux géopolitiques. Il a toutefois relevé que ces opérations ne proviennent pas exclusivement de l’étranger, mais résultent aussi d’interactions entre acteurs étrangers, relais transnationaux et amplificateurs locaux.
Pour y faire face durablement, le diplomate européen a préconisé davantage de transparence, de professionnalisme et de développement de l’esprit critique.
Représentant le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, la directrice de cabinet adjointe, Gertrude Dammond, a, pour sa part, mis en garde contre les effets des fausses informations sur la cohésion sociale et les institutions, malgré les possibilités d’expression offertes par la révolution numérique.
Elle a plaidé pour une mobilisation coordonnée afin de mieux détecter, prévenir et contrer les manipulations de l’information, citant notamment l’initiative gouvernementale « En Ligne, Tous Responsables », un programme de sensibilisation à la citoyenneté numérique qui a touché environ 60 000 personnes.
(AIP)
kp