Côte d’Ivoire-AIP/ Le programme ELAN : l’enseignement en langue maternelle présenté comme un levier de performance et de réussite scolaires
Par ALAIN ZAGADOU / 11 juin 2026 à 16:41 / il y a 1 heure / Temps de lecture : 4 minAbidjan, 11 juin 2026 (AIP) – L’enseignement dans la langue maternelle de l’enfant constitue un atout majeur pour améliorer les performances scolaires et favoriser la réussite éducative, a soutenu jeudi 11 juin 2026 la directrice de la pédagogie et de la formation continue au ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique, Norodine Doukouré Naminata.
Elle s’exprimait lors de la cérémonie de présentation des outils d’évaluation formative du programme École et langues nationales en Afrique (ELAN), organisée à la salle de conférence de l’Inspection générale au Centre national des matériels scientifiques (CNMS) de Cocody.
S’appuyant sur plusieurs études en sciences de l’éducation, Mme Naminata a indiqué que les élèves qui débutent leur scolarité dans leur langue maternelle assimilent plus aisément les connaissances et développent davantage de confiance dans leurs capacités d’apprentissage.
« Débuter le parcours scolaire dans la langue nationale prédispose l’élève à la réussite scolaire et lui donne plus de chances de réussir son cursus. Cela facilite également l’acquisition des enseignements et des apprentissages », a-t-elle déclaré.
Bien que le français demeure la principale langue d’enseignement en Côte d’Ivoire, les autorités éducatives poursuivent l’intégration progressive des langues nationales afin de mieux adapter l’école aux réalités socioculturelles des apprenants.
Cette orientation est notamment portée par le programme ELAN Afrique, mis en œuvre avec l’appui de partenaires internationaux, dont l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). En Côte d’Ivoire, le programme accompagne actuellement la promotion des langues nationales dans une cinquantaine d’établissements scolaires.
Pour les spécialistes de l’éducation, l’usage de la langue maternelle durant les premières années de scolarisation contribue à réduire les difficultés de compréhension, à renforcer la participation des élèves en classe et à améliorer leurs résultats académiques.
Intervenant à son tour, le coordonnateur général de l’Inspection générale du ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique, Coulibaly Adama, a souligné que cette rencontre vise à permettre aux acteurs du système éducatif de mieux s’approprier les mécanismes d’évaluation destinés à accompagner l’enseignement en langues nationales.
Selon lui, le programme ELAN, auquel la Côte d’Ivoire a adhéré en 2016, favorise l’introduction progressive des langues nationales dans le système éducatif afin de faciliter la compréhension des enseignements par les élèves.
« Le bilinguisme facilite l’accès de l’enfant à l’apprentissage, car il reçoit les enseignements dans sa langue maternelle », a-t-il expliqué.
M. Coulibaly a relevé que cette approche contribue également à réduire les difficultés d’adaptation rencontrées par certains enfants confrontés dès leur entrée à l’école à une langue qu’ils maîtrisent peu, tout en renforçant leur intérêt pour les activités pédagogiques.
À ce jour, une dizaine de langues nationales sont utilisées dans les écoles engagées dans le programme ELAN. Cette initiative offre aux apprenants un environnement culturel familier propice à une meilleure assimilation des connaissances.
Le suivi du programme est assuré par les conseillers pédagogiques du préscolaire et du primaire, avec l’appui des inspecteurs de l’enseignement préscolaire et primaire, qui accompagnent les enseignants à travers des visites de terrain et des orientations pédagogiques.
Parallèlement au programme ELAN, d’autres initiatives nationales, notamment le projet des Écoles intégrées de Côte d’Ivoire (EICI), participent à la valorisation des langues nationales dans les établissements scolaires.
Les responsables du secteur estiment que cette approche bilingue pourrait contribuer significativement à l’amélioration des résultats scolaires et à la construction d’une école plus inclusive, prenant en compte la diversité linguistique et culturelle du pays.
(AIP)
leg/zaar