Côte d’Ivoire-AIP/ Des jeunes agriculteurs de Djébonoua formés à l’agroforesterie
Par ROGER TAUKLA / 14 juin 2026 à 11:31 / il y a 14 heures / Temps de lecture : 5 minBouaké, 14 juin 2026 (AIP)- La Fondation Elafisou a organisé, samedi 13 juin 2026, une session de formation sur l’agroforesterie à l’intention des femmes et des jeunes agriculteurs de la sous-préfecture de Djébonoua, dans le cadre de la Caravane transfrontalière sur le changement climatique initiée par la People, Planet and Peace Foundation, une organisation basée au Nigeria.
La formation visait à sensibiliser les participants aux effets du changement climatique et à renforcer leurs capacités sur les pratiques agricoles favorisant la préservation des ressources naturelles.
Le président de la Fondation Elafisou, Yao Koffi Mathieu, a expliqué que cette activité s’inscrit dans une démarche de promotion de modes de production agricole compatibles avec la protection de l’environnement. « Face aux effets du changement climatique, nous devons apprendre à produire autrement en préservant les ressources naturelles dont dépend notre avenir. Cette activité vise à sensibiliser et à renforcer les capacités des agriculteurs, particulièrement les jeunes et les femmes, sur les bonnes pratiques agricoles », a-t-il déclaré.
Selon lui, la formation a porté sur plusieurs thématiques, notamment l’agroforesterie, la protection des sols, l’utilisation responsable des ressources naturelles et les techniques agricoles adaptées aux changements climatiques.
M. Yao a indiqué que l’agriculture constitue l’une des principales activités économiques des communautés rurales et contribue à la sécurité alimentaire ainsi qu’aux revenus des ménages. Il a toutefois relevé que certaines pratiques agricoles participent à la dégradation des forêts, à l’appauvrissement des sols et à la disparition de certaines ressources naturelles.
Il a précisé que la formation vise à encourager l’adoption de nouvelles méthodes de production permettant de préserver les sols et les ressources forestières tout en maintenant les activités agricoles.
Le président de la Fondation Elafisou a également remercié la People, Planet and Peace Foundation pour son accompagnement dans la mise en œuvre de cette activité ainsi que les autorités administratives, les services des Eaux et Forêts, les chefs coutumiers, le formateur et les participants mobilisés pour la circonstance.
Animée par le commandant des Eaux et Forêts Koné Arthur, expert forestier au Programme intégré de développement et d’adaptation au changement climatique (PIDDAC), la session a permis aux participants de découvrir les principes de l’agroforesterie et son rôle dans la lutte contre le changement climatique.

Selon le formateur, les échanges ont porté sur les techniques agricoles intégrant les processus biologiques naturels afin de réduire les impacts environnementaux liés aux activités agricoles. « Nous avons présenté aux populations différentes techniques agricoles utilisant les mécanismes biologiques afin de lutter contre certaines pratiques contribuant aux émissions de gaz à effet de serre. Nous leur avons également montré que l’agroforesterie est une pratique relevant de l’agroécologie et qu’elle permet de séquestrer le carbone, de réduire les gaz à effet de serre présents dans l’atmosphère et de contribuer à la régulation du climat », a expliqué M. Koné.
Il a indiqué que les participants ont été sensibilisés à l’utilisation des arbres dans les exploitations agricoles ainsi qu’à la valorisation des déchets organiques issus des activités agricoles comme alternative aux engrais chimiques.
Le formateur a également présenté des méthodes de lutte biologique contre les ravageurs agricoles, reposant sur l’utilisation d’organismes vivants pour limiter les attaques d’insectes nuisibles, réduisant ainsi le recours aux produits phytosanitaires.
Au cours de son exposé, le commandant Koné Arthur a établi une distinction entre l’agriculture conventionnelle et l’agriculture écologique. Il a expliqué que l’agriculture conventionnelle vise principalement l’augmentation de la production et des rendements à court terme grâce à l’utilisation d’intrants chimiques externes tels que les engrais, les pesticides et les herbicides.
À l’inverse, l’agriculture écologique privilégie la durabilité, la résilience des systèmes de production et la productivité à long terme en s’appuyant sur les processus naturels et les ressources biologiques disponibles localement.
Selon lui, l’agriculture conventionnelle repose largement sur des ressources externes, notamment les énergies fossiles et les engrais synthétiques, tandis que l’agroécologie favorise l’utilisation des ressources locales et renouvelables.
Il a également souligné que la monoculture et la faible diversité des espèces cultivées caractérisent souvent l’agriculture conventionnelle, alors que l’agroécologie encourage la polyculture et l’intégration de la biodiversité à travers les plantes, les animaux et les insectes.
Le formateur a ajouté que certaines pratiques conventionnelles peuvent accélérer l’érosion des sols et la perte de matière organique, tandis que les approches agroécologiques contribuent à la restauration et à la conservation des sols grâce à des techniques telles que le compostage et la rotation des cultures.
Parmi les participants, l’agriculteur Kouassi Konan Célestin a salué l’initiative de la Fondation Elafisou. « Cette formation nous a permis d’acquérir de nouvelles connaissances pour améliorer nos pratiques agricoles. Nous avons compris l’importance de préserver l’environnement à travers nos activités. La plantation d’arbres contribuera à améliorer les conditions de culture, à protéger les sols et à atténuer les effets de la chaleur sur les exploitations agricoles », a-t-il affirmé.
La session de formation s’inscrit dans les activités de la Caravane transfrontalière sur le changement climatique, une initiative portée par la People, Planet and Peace Foundation et mise en œuvre localement avec l’appui de la Fondation Elafisou afin de promouvoir les actions de sensibilisation, d’adaptation et de protection de l’environnement au sein des communautés rurales.
(AIP)
rkk