AIP/ Une étude de l'AGEFOP révèle un déficit de compétences adaptées aux besoins des entreprises ivoiriennes
Par MARYAM COULIBALY / 18 juin 2026 à 17:49 / il y a 1 heure / Temps de lecture : 3 minAbidjan, 18 juin 2026 (AIP) – L’étude d’identification des besoins en compétences réalisée dans le cadre de la phase pilote du Programme national Passeport-Compétences a mis en évidence une inadéquation persistante entre les qualifications disponibles et les attentes des entreprises, a révélé jeudi 18 juin 2026, le conseiller technique de la directrice générale de l’Agence nationale de la formation professionnelle (AGEFOP), le professeur Koutou Claude.
Présentant les résultats de l’étude à l’auditorium de la Primature, à Abidjan Plateau, lors d’une cérémonie présidée par le président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), Dr Eugène Aka Aouélé, le professeur Koutou a indiqué que les principales causes de cette inadéquation sont l’inadaptation de la formation initiale aux besoins du marché du travail et l’insuffisance de la formation continue.
L’étude, menée auprès de 1 013 entreprises des régions du Sud-Comoé, du Poro, du Tchologo, de la Bagoué ainsi que de la commune de Yopougon, a permis d’identifier plusieurs métiers en tension dans les secteurs du commerce, de l’agriculture, de l’industrie, de l’hôtellerie-restauration, du transport, de l’enseignement et des services.

Selon les données présentées, ces insuffisances de compétences entraînent des retards de production, une baisse de productivité, une hausse des coûts de main-d’œuvre et, dans certains cas, le recours à des travailleurs recrutés hors du pays.
Dans les régions du Nord, notamment le Poro et le Tchologo, les entreprises minières, industrielles et agroalimentaires ont signalé des difficultés à recruter des profils qualifiés dans des métiers techniques tels que la soudure, la maintenance industrielle, la plomberie ou l’électricité. Plusieurs responsables d’entreprises ont indiqué être contraints de recruter au Burkina Faso, au Mali ou au Ghana.
L’étude relève également des insuffisances au sein de certains établissements de formation professionnelle, marquées par un déficit d’enseignants spécialisés, des équipements inadaptés et des capacités d’accueil limitées.
Intervenant à l’ouverture de la cérémonie, le président du CESEC, Dr Eugène Aka Aouélé, a qualifié le rapport de « diagnostic précis de notre vitalité professionnelle » et de « boussole de nos futures politiques publiques en matière de formation professionnelle ».
Il a salué une initiative qui contribue à valoriser le capital humain et à renforcer l’employabilité des jeunes, tout en soulignant l’importance de la validation des acquis de l’expérience pour les travailleurs du secteur informel.
Les résultats de cette phase pilote serviront de base au déploiement national du Programme Passeport-Compétences, destiné à rapprocher durablement la formation professionnelle des besoins réels de l’économie ivoirienne.
(AIP)
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