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Actualité électorale

Côte d’Ivoire-AIP/ Le CIJ-CI dévoile les résultats de sa campagne de sensibilisation sur les impacts du changement climatique chez les jeunes cacaoculteurs

Côte d’Ivoire-AIP/ Le CIJ-CI dévoile les résultats de sa campagne de sensibilisation sur les impacts du changement climatique chez les jeunes cacaoculteurs

Par ALAIN ZAGADOU / 30 juin 2026 à 16:01 / il y a 3 heures / Temps de lecture : 5 min

Abidjan, 30 juin 2026 (AIP) – Le Comité intersyndical des jeunes de Côte d’Ivoire (CIJ-CI) a présenté, mardi 30 juin 2026 à Abidjan, les résultats de sa campagne nationale de sensibilisation sur les impacts du changement climatique sur les conditions de travail et de vie des jeunes travailleurs agricoles, à l’occasion d’un atelier de restitution réunissant les responsables des centrales syndicales, les partenaires techniques et financiers ainsi que les acteurs du secteur agricole.

Organisée au siège de la Centrale Humanisme à Adjamé-Williamsville, cette rencontre a permis de faire le bilan d’une campagne menée dans les principales zones de production cacaoyère du pays, notamment à Soubré, Azopé et Abengourou.

Selon le président du CIJ-CI, Yomi Jean Roche, cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un projet consacré au changement climatique, à la transition juste et à la promotion du travail décent dans la filière cacao.

« Nous avons réalisé une étude à la fin de l’année 2025 afin d’identifier les principales préoccupations des jeunes producteurs face aux effets du changement climatique. Cette étude a abouti à l’élaboration d’un guide syndical qui a servi de support à notre campagne de sensibilisation », a-t-il expliqué.

Les activités ont consisté à informer et former les jeunes producteurs sur les conséquences des dérèglements climatiques, notamment les fortes chaleurs, les épisodes de sécheresse et les pluies abondantes, tout en leur présentant des pratiques agricoles susceptibles de renforcer la résilience de leurs exploitations.

Les bénéficiaires ont également été sensibilisés à l’agroforesterie, à la santé et à la sécurité au travail, à l’utilisation responsable des produits phytosanitaires ainsi qu’à l’importance de la protection sociale et du travail décent.

« Nous avons voulu montrer aux jeunes producteurs qu’il est possible de protéger leurs plantations tout en améliorant leurs conditions de travail grâce à l’adoption de bonnes pratiques agricoles », a souligné M. Roche.

Présentant les résultats de la campagne, Dofra Sekongo, membre de l’équipe de mise en œuvre, a indiqué que l’approche retenue reposait sur une méthodologie participative et inclusive. Des points focaux ont été identifiés et formés dans les trois régions d’intervention en collaboration avec les centrales syndicales, les coopératives agricoles, les autorités locales et les leaders communautaires.

Les équipes ont parcouru 15 localités, organisé des séances publiques de sensibilisation et travaillé avec neuf coopératives agricoles. Des questionnaires administrés avant et après les sessions ont permis d’évaluer l’évolution des connaissances des producteurs sur les effets du changement climatique et les solutions d’adaptation.

Afin d’élargir la portée de la campagne, le CIJ-CI a également diffusé des émissions et des spots sur les radios de proximité. Les messages, produits en français puis traduits en plusieurs langues locales, notamment le baoulé, le moré et le lobi, ont favorisé une meilleure appropriation des informations par les communautés rurales.

À Soubré, les responsables de la campagne ont notamment échangé avec une importante coopérative regroupant près de 4 000 producteurs et participé à une émission radiophonique en direct consacrée aux enjeux du changement climatique, de la protection sociale et du travail décent dans la filière cacao.

Selon les résultats présentés, plus de 8 000 personnes ont été directement ou indirectement sensibilisées grâce aux activités de terrain, aux émissions radiophoniques et aux actions de communication digitale. Sur les réseaux sociaux, la campagne a enregistré plus de 2 200 vues, 243 interactions et permis de toucher près de 5 000 internautes.

Les enquêtes menées auprès des producteurs montrent que 73 % des personnes interrogées souhaitent adhérer à une organisation syndicale afin de mieux défendre leurs intérêts, tandis que 89 % se prononcent en faveur d’une convention collective garantissant notamment des pauses de travail, un suivi médical et de meilleures conditions de santé et de sécurité.

Le président du CIJ-CI a justifié le choix de cibler les jeunes par leur poids démographique et leur place dans la filière cacao. Il a rappelé qu’ils représentent plus de 77 % de la population ivoirienne et constituent une part importante des quelque 600 000 producteurs de cacao du pays.

Il a également souligné que les femmes ont été pleinement associées aux activités de sensibilisation, en raison de leur contribution essentielle aux travaux agricoles et de leur forte exposition aux effets du changement climatique.

Au terme de l’atelier, les participants ont recommandé la poursuite de la campagne dans d’autres bassins de production, le renforcement de la formation des producteurs aux pratiques agricoles résilientes ainsi qu’une meilleure implication des institutions en charge de la protection sociale afin d’améliorer durablement les conditions de vie et de travail des jeunes cacaoculteurs.

(AIP)
leg/zaar