Côte d'Ivoire-AIP/Inter/ Amnesty International réclame justice pour les victimes des exactions des FSR au Darfour (Rapport)
Par Sonia TRA LOU / 1 juillet 2026 à 09:24 / il y a 6 heures / Temps de lecture : 2 minAbidjan, 1er juil 2026 (AIP) – Amnesty International a appelé, mercredi 1er juillet 2026, à rendre justice aux victimes civiles des exactions commises par les Forces de soutien rapide (FSR) lors de la prise d’El-Fasher, dans le Nord du Darfour, en octobre 2025, estimant que ces actes constituent des crimes contre l’humanité.
Dans un rapport publié mercredi, l’organisation de défense des droits humains affirme que ses conclusions reposent sur des centaines d’entretiens menés auprès de survivants du siège et de l’assaut de cette ville stratégique, théâtre de violentes attaques des paramilitaires soudanais.
Selon Amnesty International, les FSR ont mené une campagne d’« épuration ethnique » dans les villages situés aux abords d’El-Fasher, ciblant principalement des populations non arabes. L’organisation fait état d’exécutions sommaires, de tortures, de viols, de prises d’otages, ainsi que de détentions prolongées dans des conteneurs métalliques, dans des conditions inhumaines. Des centaines de civils qui tentaient de fuir auraient également été tués.
Le rapport souligne que le siège imposé à El-Fasher de mai 2024 à octobre 2025 a privé la population d’approvisionnements alimentaires et d’aide humanitaire, contribuant à une grave crise de famine.
« Ces atrocités viennent entacher la conscience de l’humanité », a déclaré la secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard, appelant la communauté internationale à prendre des mesures urgentes pour protéger les civils et mettre fin à l’impunité. Elle demande notamment le déploiement d’une force internationale indépendante et l’arrêt des livraisons d’armes aux Émirats arabes unis, accusés d’être l’un des principaux soutiens des FSR.
Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a, pour sa part, mis en garde contre un possible assaut des FSR sur El-Obeid, importante ville du centre du Soudan, craignant une répétition des violences observées au Darfour.
Déclenchée en 2023 par la lutte pour le pouvoir entre les FSR du général Mohamed Hamdan Dagalo et l’armée dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan, la guerre au Soudan a déjà fait plus de 150 000 morts et déplacé près de 14 millions de personnes, selon les estimations citées par Amnesty International.
(AIP)
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