AIP/ La Côte d’Ivoire prépare ses programmes pluriannuels de convergence pour la période 2027-2031
Par MICHEL OGUEHI / 5 octobre 2026 à 14:27 / il y a 3 heures / Temps de lecture : 4 minAbidjan, 05 oct 2026 (AIP) – La Direction générale de l’économie (DGE) a ouvert, lundi 05 octobre 2026 à Abidjan-Cocody, un atelier national consacré à l’élaboration des Programmes pluriannuels de convergence (PPC) et des rapports sur les perspectives économiques et financières à moyen terme pour la période 2027-2031.
Organisés jusqu’au vendredi 09 octobre sous l’égide du Comité national de politique économique (CNPE/CNC), ces travaux visent notamment à traduire en agrégats macroéconomiques les orientations du Plan national de développement (PND) 2026-2030, dans un environnement international marqué par des incertitudes économiques et géopolitiques.
Présidant la cérémonie d’ouverture au nom du CNPE/CNC, le directeur général de l’économie, Sansan Hien, a appelé les experts à faire preuve de rigueur dans l’élaboration des projections, compte tenu des mutations de l’environnement économique international.
« Nous traversons une période marquée par de fortes incertitudes sur le plan économique international et géopolitique », a relevé M. Sansan, évoquant notamment les tensions au Moyen-Orient et le durcissement des conditions commerciales internationales susceptibles de peser sur les perspectives de croissance.
Il a invité les participants à élaborer des scénarios macroéconomiques suffisamment robustes pour permettre aux pouvoirs publics d’anticiper les éventuels chocs extérieurs et d’adapter les politiques économiques.
Représentant le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Kéita Zacharia a, pour sa part, salué la résilience de l’économie ivoirienne, malgré un ralentissement attendu de l’activité mondiale.
Selon les données présentées dans son allocution d’ouverture, la croissance mondiale devrait s’établir à 3,0 % en 2026, contre une projection de 4,3 % pour l’Afrique subsaharienne. Dans ce contexte, l’économie ivoirienne devrait enregistrer une croissance de 6,2 % en 2026, après 6,6 % en 2025.
« Ces performances maintiennent notre pays au-dessus des moyennes de l’Afrique subsaharienne, de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) et de l’UEMOA (Union monétaire ouest africaine). Elles témoignent de la capacité de l’économie ivoirienne à préserver une croissance soutenue », a déclaré M. Keita.
Cette dynamique s’inscrit dans la continuité des résultats enregistrés dans le cadre du Plan national de développement (PND) 2021-2025, qui a permis de réaliser une croissance économique moyenne de 6,5 % par an. Sur la même période, le Produit intérieur brut (PIB) par habitant est passé de 2 366,8 à 2 641,4 dollars US, tandis que le taux d’investissement est passé de 21,1 % à 23,1 % du PIB.
Les travaux de l’atelier doivent également contribuer à chiffrer les ambitions du PND 2026-2030, qui vise à faire accéder le pays au rang des économies à revenu intermédiaire de la tranche supérieure à l’horizon 2030. Les principales cibles retenues portent notamment sur une croissance économique moyenne supérieure à 7 %, un PIB par habitant de 4 500 dollars US en 2030 et un taux d’investissement global porté à 34,5 % du PIB.
Le gouvernement ambitionne également de porter la contribution du secteur manufacturier à 20 % du PIB, d’augmenter la pression fiscale à 18 % du PIB et de maintenir le taux d’endettement public en dessous de 70 % du PIB. Pour le représentant du ministre, la réalisation de ces objectifs devra toutefois s’accompagner d’une maîtrise des équilibres budgétaires.
« Concilier un effort d’investissement sans précédent avec la discipline budgétaire, tel est l’enjeu central de vos travaux », a souligné Kéita Zacharia.
Il a, à cet égard, invité les participants à prendre en compte les principaux risques susceptibles d’affecter les projections, notamment l’évolution des cours des matières premières, particulièrement le cacao et le pétrole, les conditions de financement sur les marchés, les aléas climatiques ainsi que la situation sécuritaire dans la sous-région.
Durant cinq jours, les experts et personnes ressources procéderont à l’élaboration des prévisions macroéconomiques, à l’analyse des différents agrégats et à la consolidation des quatre comptes macroéconomiques. Ils devront également calculer les principaux indicateurs économiques sur la période 2027-2031 et élaborer les projets de rapports sur les perspectives économiques et financières à moyen terme.
« La qualité des rapports qui résulteront de cet atelier dépendra largement de notre capacité collective à partager l’information disponible, à questionner les hypothèses retenues et à dégager des scénarios suffisamment robustes pour éclairer la décision publique », a indiqué le DG de l’économie.
L’atelier réunit des experts nationaux et des personnes ressources, avec la participation de représentants résidents des commissions de la CEDEAO, de l’UEMOA, ainsi que du Conseil de l’Entente.
(AIP)
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