Abidjan, 28 jan 2025 (AIP)- Chaque 28 janvier, la communauté internationale marque un temps d’arrêt pour réfléchir à un enjeu devenu central à l’ère du numérique : la protection des données personnelles. En Côte d’Ivoire, comme ailleurs, nos données — nom, numéro de téléphone, localisation, données biométriques, habitudes de navigation, transactions financières — constituent une véritable empreinte numérique, révélatrice de notre identité, de nos comportements et parfois de nos vulnérabilités.
Les données personnelles : un capital sensible
Dans le contexte ivoirien, l’essor rapide du numérique est visible : mobile money, réseaux sociaux, plateformes de e-commerce, services publics digitalisés, vidéosurveillance, cartes biométriques, inscription en ligne aux concours et examens.
Chaque interaction génère des données. Mal protégées, celles-ci peuvent exposer les citoyens à l’usurpation d’identité, aux escroqueries numériques (arnaques au mobile money, phishing), à l’atteinte à la vie privée, à une exploitation commerciale abusive, voire des risques pour la sécurité personnelle.
Le cadre légal en Côte d’Ivoire : un socle en place
Consciente de ces enjeux, la Côte d’Ivoire s’est dotée d’un cadre juridique structurant, notamment la loi n°2013-450 du 19 juin 2013 relative à la protection des données à caractère personnel, et la loi n°2013-451 relative à la lutte contre la cybercriminalité.
Ces textes posent des principes clairs à savoir la collecte loyale et licite des données, la finalité précise et légitime, la durée de conservation limitée, la sécurité et confidentialité des données ainsi que des droits des personnes concernées (information, accès, rectification, opposition).
Le rôle clé de l’ARTCI
L’Autorité de Régulation des Télécommunications/TIC de Côte d’Ivoire (ARTCI) est l’organe chargé de veiller à l’application de ces dispositions.
À ce titre, elle autorise et contrôle les traitements de données personnelles, sensibilise les citoyens et les entreprises, accompagne les organismes publics et privés vers la conformité, peut sanctionner les manquements constatés.
L’action de l’ARTCI est d’autant plus stratégique que la transformation numérique de l’administration et du secteur privé s’accélère.
Des défis persistants
Malgré ce cadre, plusieurs défis demeurent. Il s’agit d’une méconnaissance des droits par une partie de la population, des pratiques de collecte excessives ou non sécurisées, l’usage massif des réseaux sociaux sans maîtrise des paramètres de confidentialité et la sous-estimation des risques liés au partage de données sensibles.
La protection des données n’est donc pas qu’une question juridique ; c’est aussi un enjeu de culture numérique.
Une responsabilité partagée
La protection des données personnelles repose sur trois piliers : l’État, qui fixe et fait respecter les règles, les organisations, qui doivent intégrer la protection des données dès la conception de leurs services.
Les citoyens sont également appelés à adopter des comportements responsables : prudence dans le partage d’informations, mots de passe sécurisés, vigilance face aux sollicitations suspectes.
Conclusion
En Côte d’Ivoire, la Journée internationale de la protection des données personnelles rappelle une vérité essentielle : nos données racontent notre vie. Les protéger, c’est préserver notre dignité, notre sécurité et notre liberté dans l’espace numérique.
À l’heure où le digital devient un levier majeur de développement, faire de la protection des données une priorité nationale n’est plus une option, mais une nécessité.
(AIP)
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