Abidjan, 06 dec 2023 (AIP) – « Pour que les communautés puissent abandonner des économies basées sur les combustibles fossiles, il est crucial de créer un espace pour une transition juste vers une économie verte », ont soutenu mardi 5 décembre 2023, des défenseurs des énergies propres et des représentants de groupes autochtones à la COP28.
La transition vers des sources d’énergie propres doit prendre en compte les préoccupations des personnes et des communautés qui seront les plus touchées par cette transition, ont souligné les participants, à mi-parcours de la Conférence des Nations Unies sur le climat qui se tient à l’Expo City de Dubaï jusqu’au 12 décembre.
La plupart des ministres et des dirigeants du monde entier ont terminé leurs activités et un sentiment d’urgence s’installe, alors que les négociateurs climatiques de la COP28 intensifient les efforts diplomatiques nécessaires à la réussite de la conférence.
Ces négociations sont principalement axées sur trois questions clés à savoir l’élimination progressive ou la réduction de l’utilisation des combustibles fossiles, le renforcement de la résilience aux impacts climatiques et le soutien financier aux pays vulnérables qui font face à une catastrophe climatique qu’ils n’ont que peu ou pas du tout contribué à provoquer.
D’une manière générale, l’expression « transition juste » signifie qu’après des décennies de croissance économique alimentée par le pétrole et le gaz, l’économie mondiale s’engage maintenant à la décarbonisation, en veillant à ce que les travailleurs et les communautés qui dépendent des combustibles fossiles ne soient pas laissés pour compte.
Leur avenir et leur sécurité d’emploi doivent être protégés dans un monde net zéro, ce qui implique de réduire les émissions de gaz à effet de serre à un niveau aussi proche que possible de zéro.
Mais Sunita Narain, experte indienne en environnement et Directrice générale du Center for Science and Environment, estime que ce terme est utilisé à très courte vue.
« Il est très important d’assurer une transition juste pour les travailleurs du charbon, pour les mineurs, pour les travailleurs des centrales thermiques. Mais il ne s’agit pas d’une simple transition », a déclaré Mme Narain à ONU Info. « Il s’agit du fait que nous avons besoin d’une transition mondiale et que notre partie du monde va devoir passer à des sources d’énergie plus propres ».
« Les pays riches et industrialisés doivent réduire leur consommation d’énergie [fossile] et, cette transition, nous devons veiller à ce qu’elle soit équitable. C’est ainsi que nous devons interpréter la notion de transition juste », a-t-elle expliqué. « La transition [nécessaire pour créer] un monde durable doit être équitable et juste ».
De telles divergences, ne serait-ce que sur la définition de la transition juste, témoignent de la complexité de la question et de la difficulté de la tâche qui attend les négociateurs.
Pendant ce temps, les effets du changement climatique continuent de se propager, atteignant les coins les plus reculés du monde. Ils touchent même des communautés qui n’ont joué qu’un rôle mineur dans la survenue de la crise, mais qui en subissent aujourd’hui les conséquences les plus graves.
(AIP)
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