Abidjan, 23 jan 2025 (AIP) – Près d’un tiers de la population libanaise est confrontée à une insécurité alimentaire aiguë suite à l’escalade des hostilités fin 2024, selon la dernière analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) publiée mercredi 22 janvier 2025.
Élaboré par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Programme alimentaire mondial (PAM) et le ministère libanais de l’Agriculture, le rapport révèle que l’impact des hostilités sur l’agriculture et l’économie ralentira probablement la reprise.
Près de 1,65 million de personnes sont désormais confrontées à des niveaux de faim de crise ou d’urgence, et 400.000 personnes supplémentaires sont classées comme étant en situation d’insécurité alimentaire aiguë par rapport au début de 2024.
Parmi elles, plus de 200.000 sont en situation d’urgence, un chiffre qui a doublé depuis l’escalade du conflit à la fin de l’année dernière entre les forces israéliennes et les militants du Hezbollah.
Un fragile accord de cessez-le-feu signé fin novembre a largement tenu, permettant le retrait des militants et de l’armée israélienne du sud du pays, tandis que les forces du gouvernement libanais se redéploient pour garantir la paix aux côtés des soldats de la paix de l’ONU.
« La détérioration de la sécurité alimentaire au Liban n’est pas une surprise », a déclaré Matthew Hollingworth, Représentant du PAM au Liban. « 66 jours de guerre, précédés de mois de conflit, ont brisé des vies et des moyens de subsistance », a-t-il souligné.
Le fardeau de l’insécurité alimentaire pèse lourdement sur les populations réfugiées du Liban. Environ 40 % des réfugiés syriens et palestiniens dans le pays sont confrontés à une faim de niveau critique.
L’économie libanaise a chuté de 34 % depuis 2019, avec des secteurs clés tels que l’agriculture, le tourisme et le commerce gravement touchés. La destruction de terres et de biens agricoles pendant les combats, y compris l’incendie de 12.000 hectares de terres agricoles, a causé des pertes dépassant 1 milliard de dollars dans le seul secteur.
« L’escalade des hostilités a eu de graves répercussions sur les moyens de subsistance des agriculteurs, ainsi que sur les actifs et les infrastructures agricoles, ce qui a accru l’insécurité alimentaire et menacé la durabilité des activités agricoles », a déclaré Veronica Quattrola, Représentante de la FAO au Liban.
L’inflation et la suppression des subventions sur le blé ont encore mis à rude épreuve les budgets des ménages, poussant les prix des denrées alimentaires hors de portée de nombreuses familles vulnérables.
En réponse à la crise, le PAM a fourni une aide alimentaire à 750.000 personnes en 2024 et prévoit d’aider 2,5 millions de personnes en 2025, dont près de 900.000 réfugiés syriens.
Le ministère libanais de l’Agriculture, dirigé par Abbas Al-Hajj Hassan, a souligné la nécessité d’un soutien international pour reconstruire le secteur agricole du pays et indemniser les agriculteurs touchés.
Le rapport prévoit que l’insécurité alimentaire devrait persister au cours des trois prochains mois, sans retour à court terme aux conditions d’avant la crise.
(AIP)
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