Abidjan, 23 jan 2025 (AIP) – L’élite politique et économique mondiale présente à Davos a entendu, mercredi 22 janvier 2025, un discours sans concession du chef de l’ONU, António Guterres, qui a dénoncé le manque de collaboration multilatérale dans un « monde de moins en moins gouvernable » menacé par deux dangers existentiels : le changement climatique et l’intelligence artificielle (IA) non réglementée.
M. Guterres s’exprimait lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial, un événement organisé dans les Alpes suisses où se côtoient des hommes politiques de haut rang, des chefs d’État et des PDG des entreprises les plus importantes et les plus influentes du monde.
Le Secrétaire général des Nations Unies s’est attaqué au thème de la réunion de cette année, « La collaboration à l’ère de l’intelligence », affirmant qu’il n’y a guère de preuves de collaboration ou d’intelligence et qu’il existe de nombreuses preuves de l’aggravation de nombreux problèmes dans le monde, qu’il s’agisse de conflits, d’inégalités ou d’atteintes aux droits de l’homme.
La guerre nucléaire n’est plus la seule menace existentielle pour l’humanité, a-t-il affirmé, évoquant la crise climatique et « l’expansion incontrôlée » de l’intelligence artificielle.
Dans la perspective de la conférence des Nations Unies sur le climat (COP30) qui se tiendra au Brésil à la fin de l’année, le chef de l’ONU a rappelé aux dirigeants mondiaux qu’ils devaient tenir leur promesse de produire de nouveaux plans d’action nationaux sur le climat à l’échelle de l’économie bien avant l’événement.
Les pays en développement ont besoin d’une « augmentation des financements » pour l’action climatique, a-t-il fait valoir, exhortant non seulement les gouvernements, mais aussi toutes les entreprises et les institutions financières à créer des plans de transition solides et responsables.

La prochaine menace existentielle, l’IA, est une arme à double tranchant, a poursuivi M. Guterres, car elle est déjà en train de révolutionner l’apprentissage, de diagnostiquer des maladies, d’aider les agriculteurs à augmenter leurs rendements et d’améliorer le ciblage de l’aide.
Mais elle s’accompagne de risques profonds si elle n’est pas encadrée : elle peut perturber les économies, saper la confiance dans les institutions et aggraver les inégalités, a averti le Secrétaire général.
Le Pacte mondial pour le numérique, qui fait partie du Pacte pour l’avenir adopté par les États membres de l’ONU en septembre dernier, propose une « feuille de route pour exploiter l’immense potentiel de la technologie numérique et réduire les fractures numériques », avec une vision commune de l’IA au service de l’humanité, et non l’inverse.
Malgré les défis, les Nations Unies ne cesseront jamais d’exiger la paix en s’appuyant sur la Charte des Nations Unies, le droit international et les principes de souveraineté, d’indépendance politique et d’intégrité territoriale des États, a-t-il déclaré.
(AIP)
cmas

