Abidjan, 16 avr 2025 (AIP) – La cheffe du programme de l’Association danoise des sourds (DDL), Stéphanie Linder, australienne, sourde et enseignante a déploré le manque d’enseignants sourds en Côte d’Ivoire, lors des journées portes ouvertes de l’Association nationale de sourds de Côte d’Ivoire (ANASOCI) et du lancement dudit programme (2O25- 2028) intitulé « Le droit à la langue des signes à toutes les étapes de la vie ».
« Je suis triste qu’il n’y ait pas d’enseignant sourds en Côte d’Ivoire. Ma mère est sourde et moi-même je suis sourde. J’ai commencé à enseigner pour la première fois, depuis 1987. Les personnes sourdes sont capables d’enseigner. Elles peuvent facilement échanger avec les élèves sourds. Cela produit de bon résultat. Les enfants sourds considèrent leurs enseignants sourds comme des modèles. En Australie, il y a de nombreux enseignants sourds y compris dans les universités », a déclaré Mme Linder en réaction au décret N°2025 -121 du 26 février 2025 portant modalité particulière d’application de la loi portant au statut général de la fonction publique, lu par le secrétaire exécutif de l’ANASOCI, Yéboua Faustin.
Ce décret, dans son article 3 relatif à l’enseignement préscolaire, primaire et secondaire stipule : « Indépendamment des conditions générales d’accès aux emplois publics fixées par le statut général de la fonction publique et le décret pourtant modalités communes d’application du dit statut tout postulant à un emploi dans le secteur de l’éducation et de la formation, chargé à titre principales de tâches d’enseignement, doit être exempt de bégaiement et de surdité ». Mme Linder a souhaité que l’ANASOCI soit soutenue dans son plaidoyer dans le droit de la langue des signes à toutes les étapes de la vie.

Le chef de département promotion santé à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Dr Nahounou Lanwis, a souligné que la question du handicap est une problématique existentielle importants qui mérite d’être traitée avec beaucoup d’attention. Il a insisté sur la nécessité d’inclure les personnes handicapées dans le tissu social, faute de quoi l’on continue de perpétuer des formes de discrimination, or les politiques internationales exigent l’inclusion pleine et entière des personnes handicapées.
Quant au chef de département des requêtes de la commission nationale des droits de l’homme (CNDH), Bodoua Oscar, il a souhaité qu’une correspondance soit adressée au conseil à ce sujet afin qu’il mène des actions de plaidoyer.
Toutefois, la représentante de la directrice de la promotion des personnes handicapées, Mme Traoré Namizata a souligné que l’État de Côte d’Ivoire, à travers le ministère de l’Emploi et de la Protection Sociale, a initié l’école inclusive pour l’inclusion des personnes en situation de handicap dans le cursus scolaire national. Elle a souligné que des enseignants normaux sont formés au langage des signes à l’Institut national supérieur de formation sociale (INSFS).
Le programme DDL 2025- 2028 a pour objectif de faire en sorte que les personnes sourdes soient traitées équitablement et reçoivent des informations, de l’éducation, et des soins dans leurs langues des signes assurant ainsi une inclusion. Il est financé par l’Association danoise des sourds et œuvre à renforcer les capacités des associations de personnes sourdes en Afrique de l’Ouest.
La Côte d’Ivoire dispose d’une seule école des sourds depuis 1974.
(AIP)
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