Abidjan, 22 mai 2025 (AIP) – La Côte d’Ivoire a lancé mercredi 21 mai 2025, à Grand-Bassam, un atelier de restitution et de validation de sa stratégie nationale de retour et de réintégration des migrants ivoiriens, avec l’ambition de se doter d’un cadre cohérent, inclusif et durable de gouvernance migratoire.
Organisé par la Direction générale des Ivoiriens de l’extérieur (DGIE) avec l’appui de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le soutien financier de l’Union européenne, cet atelier réunit jusqu’au 23 mai l’ensemble des parties prenantes concernées, dont les ministères sectoriels, les partenaires techniques et financiers, ainsi que les représentants de la société civile.
« Cette stratégie est le fruit d’un travail collectif qui prend en compte les dimensions économique, sociale et psychosociale du retour volontaire. Elle vise à garantir des perspectives d’insertion durables aux migrants rapatriés », a déclaré le chef de mission de l’OIM en Côte d’Ivoire, David Preux. Il a insisté sur l’importance de « pérenniser ce cadre de concertation au-delà des acteurs actuels, pour en faire un levier concret au service des communautés ».
Cette stratégie nationale, élaborée selon une approche participative, repose sur une analyse SWOT (forces, faiblesses, opportunités, menaces) et prévoit notamment la création d’un cadre national de concertation sur la migration. L’objectif est d’assurer une meilleure coordination des acteurs impliqués, de la phase de pré-départ jusqu’à la réintégration post-arrivée.
Pour la représentante de l’Union européenne, Anne Catherine Claude, ce processus s’inscrit dans une dynamique de longue haleine. « Depuis 2017, plus de 66 500 Ivoiriens ont été rapatriés volontairement, principalement depuis l’Afrique du Nord, et près de 11 000 ont bénéficié d’un appui à la réintégration. Mais le succès d’un retour ne se mesure pas au nombre de retours, il repose sur la capacité d’offrir un avenir stable aux migrants », a-t-elle affirmé. Elle a rappelé que l’Union européenne avait mobilisé 9,8 millions d’euros pour cofinancer le projet de réintégration durable lancé en juillet 2024.

De son côté, le directeur général des Ivoiriens de l’extérieur, Gaoussou Karamoko, a souligné l’enjeu de souveraineté dans ce processus. « Nous devons aller vers une stratégie de retour et de réintégration qui ne dépend plus uniquement des partenaires. Si nous parvenons à appliquer la notion de durabilité, nous pourrons réduire drastiquement le nombre d’Ivoiriens perdus dans le désert », a-t-il plaidé.
À l’issue de l’atelier, une feuille de route assortie d’indicateurs de suivi-évaluation sera adoptée pour guider la mise en œuvre de cette stratégie nationale, dans un contexte régional marqué par une forte mobilité et des défis migratoires complexes.
(AIP)
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