Abidjan, 16 juil 2025 (AIP) – Le Coordonnateur du Consortium des organisations de la société civile pour les élections en Côte d’Ivoire (COSCEL-CI), Drissa Soulama, a exprimé ses inquiétudes mercredi 16 juillet 2025 à Abidjan, quant à la transparence et à l’inclusivité du processus électoral en cours, appelant à des réformes urgentes.
S’exprimant lors d’un forum organisé par l’Agence ivoirienne de presse (AIP) sur le rôle des organisations de la société civile dans la tenue d’élections justes et transparentes, M. Soulama a évoqué plusieurs défis structurels, juridiques et opérationnels qui pourraient compromettre la crédibilité des scrutins de 2025.
Parmi les points soulevés figurent la non-observation du Code électoral, la révision contestée de la liste électorale, la faible prise en compte des recommandations issues des précédents scrutins, la politisation de l’espace civique, et l’exclusion de certains électeurs pour des raisons juridiques ou administratives ainsi que la marginalisation de certains électeurs pour des raisons juridiques ou administratives.
« La société civile fait son travail, mais sa voix peine à être entendue dans un environnement fortement partisan », a déploré Drissa Soulama, dénonçant la décision de regrouper deux années de révision du fichier électoral en une seule. « En décidant de cumuler deux années pour la révision de la liste électorale, on ne respecte plus les dispositions contenues dans le Code électoral. Cela a posé des problèmes, et aujourd’hui, ça continue. »
Il a également relevé que certains acteurs politiques de premier plan sont radiés de la liste électorale, ce qui remet en question l’inclusivité du processus. Le faible taux d’inscription des jeunes, souvent liés à des problèmes d’état civil, a aussi été pointé du doigt. « Il y a des jeunes de 17 ans qui n’ont même pas d’extrait de naissance. Cela réduit leur possibilité de voter », a-t-il soutenu.
Autre défi, c’est le manque de ressources pour permettre à la société civile d’assurer pleinement son rôle. « La plupart des contributeurs de la société civile se sont retirés. Ce qui réduit notre marge de travail sur le terrain. On ne peut pas avoir deux millions d’observateurs pour deux millions de votes, mais il faut au moins des observateurs dans les lieux de vote », a argumenté le coordonnateur du COSCEL-CI.
Face à ces enjeux, il a réaffirmé l’engagement de la société civile à poursuivre ses actions de plaidoyer, d’observation électorale et de sensibilisation. « Le changement n’arrive pas tout d’un coup. C’est petit à petit que ça va arriver », a-t-il souligné.
M. Soulama a appelé à une meilleure implication des OSC dans la sensibilisation citoyenne, l’éducation électorale et l’observation des scrutins.
Il a salué l’initiative de l’AIP de leur offrir une tribune, tout en appelant l’ensemble des parties prenantes à savoir la Commission électorale indépendante (CEI), les partis politiques, les institutions judiciaires et citoyens, à œuvrer ensemble pour des élections apaisées et crédibles.
« Aucun fichier électoral n’est parfait, mais nous avons le devoir de le rendre meilleur ensemble », a-t-il conclu.
(AIP)
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