Abidjan, 11 juin 2026 (AIP)- Le Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), présidé par Dr Eugène Aka Aouélé, a accueilli jeudi 11 juin 2026, dans sa salle des Plénières, le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Ibrahim Kalil Konaté, venu présenter la vision industrielle d’Alassane Ouattara aux conseillers, dans le cadre d’une conférence inscrite au programme de la première session ordinaire 2026.
Selon une note d’information, M. Konaté a entretenu les conseillers, les responsables administratifs de l’institution ainsi que des représentants du ministère invité, autour du ce thème retenu, « Apport de l’industrialisation dans la dynamique de la Grande Côte d’Ivoire »,
Dans son exposé, le ministre a rappelé que l’industrialisation constitue un choix stratégique au cœur de la vision portée par le président de la République, Alassane Ouattara, à travers la construction de la “Grande Côte d’Ivoire”. il a insisté sur le passage d’une économie fondée sur l’exportation de matières premières brutes à une économie orientée vers la transformation locale et la création de valeur ajoutée.
Le conférencier a mis en avant les performances enregistrées depuis 2012, évoquant une progression soutenue du secteur industriel et une amélioration du climat des investissements. La Côte d’Ivoire affiche une croissance moyenne d’environ 6 % sur la période, avec une évolution notable de la contribution de l’industrie au produit intérieur brut, passée de 17,7 % en 2012 à 22,7 % en 2024, soit un gain de plus de cinq points, a-t-il relevé.
Dans plusieurs filières agricoles stratégiques, des avancées ont été relevées. Le taux de transformation du cacao se situe désormais entre 40 % et 46 %, contre environ 20 % par le passé. Des progrès similaires ont été enregistrés dans la filière anacarde, traduisant une dynamique progressive de montée en gamme industrielle. L’ambition affichée consiste à atteindre des niveaux plus avancés de transformation, intégrant la deuxième et la troisième transformation, afin de renforcer la compétitivité des chaînes de valeur locales.
Le membre du gouvernement a, par ailleurs, mis en avant les réformes engagées depuis 2012, notamment la modernisation du Code des investissements, la digitalisation des procédures administratives, ainsi que la mise en place de guichets uniques destinés à faciliter la création d’entreprises et l’accès au marché. Ces mesures ont contribué à accélérer les délais administratifs et à améliorer la sécurité juridique des investisseurs.
Sur le plan des infrastructures, plusieurs réalisations ont été rappelées, notamment l’extension des zones industrielles de Yopougon, Vridi et Koumassi, ainsi que le développement de la plateforme industrielle d’Akoupé-Zeudji PK24 sur plus de 1 000 hectares. Les investissements dans les infrastructures portuaires, routières et énergétiques ont accompagné cette dynamique, avec une capacité de production électrique portée de 1 391 MW en 2011 à plus de 3 000 MW aujourd’hui.
Le ministre a également évoqué la volonté de maillage territorial de l’activité industrielle à travers la création de zones économiques spéciales dans les 14 districts du pays et le développement de pôles régionaux à Bouaké, Korhogo, San Pedro, Yamoussoukro, Bondoukou, Man, Daloa et Bonoua. Cette orientation vise à réduire les disparités régionales et à rapprocher l’industrie des bassins de production.
Sur le plan macroéconomique, la soutenabilité de la dette a été évoquée, avec un niveau estimé à 59,3 % du PIB, et une trajectoire projetée vers 54 % à l’horizon 2030, puis en dessous de 50 % à moyen terme, conformément aux objectifs de stabilité économique. Le gouvernement entend également renforcer l’assiette fiscale et lutter contre l’informalité afin de consolider les ressources internes.
Abordant les perspectives, le conférencier a insisté sur la nécessité de renforcer la compétitivité industrielle, de développer les compétences techniques, d’améliorer l’accès au financement et de soutenir l’innovation. L’objectif fixé consiste à porter la contribution de l’industrie à près de 30 % du PIB à l’horizon 2030, tout en générant des centaines de milliers d’emplois directs et indirects.
À l’issue des échanges, le président du CESEC, Dr Eugène Aka Aouélé, a adressé ses remerciements à son invité pour la qualité de son exposé. Il a salué une contribution « brillante et enrichissante », estimant qu’elle viendra nourrir les réflexions de l’institution et renforcer la formulation de recommandations destinées à éclairer l’action gouvernementale.
Dr Aka Aouélé a réaffirmé l’engagement de son institution à « accompagner la dynamique de transformation économique engagée sous la très haute vision du Président Alassane Ouattara ».
Cette conférence s’inscrit dans la continuité des travaux engagés par l’institution consultative au titre de sa première session ordinaire 2026. Le CESEC a reçu, mercredi, le ministre du Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba, pour la présentation du Plan national de développement 2026-2030, confirmant la volonté de l’Assemblée consultative de se positionner au cœur des grandes orientations économiques du pays.
(AIP)
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