Abidjan, 23 juil 2025 (AIP) –Trente ans après sa création, l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM) s’impose comme un acteur incontournable de la gouvernance planétaire, à l’heure où les grandes profondeurs océaniques, riches en métaux rares et en biodiversité, suscitent un intérêt géopolitique et industriel croissant, a déclaré l’ONU le mercredi 23 juillet 2025.
Basée à Kingston, en Jamaïque, cette institution des Nations Unies est chargée de réguler l’exploration et l’éventuelle exploitation des ressources minérales situées au-delà des juridictions nationales, soit plus de la moitié de la surface océanique. « Il s’agit de notre patrimoine commun », insiste sa secrétaire générale, Leticia Carvalho, alors que la ruée vers le cobalt, le nickel ou le néodyme s’accélère.
À l’occasion de sa 30ᵉ session annuelle, l’AIFM finalise un projet de code minier visant à encadrer l’extraction sous-marine de façon durable et équitable. Une tâche complexe, tant les enjeux environnementaux, technologiques et économiques se heurtent. Les abysses sont aussi des zones de fragilité écologique, menacées par la pollution plastique et les déchets invisibles qui s’y accumulent.
Pour mieux comprendre et protéger ces écosystèmes, l’AIFM renforce son arsenal scientifique. En juin, elle a lancé la Biobanque des grands fonds (DBI), une plateforme destinée à centraliser les échantillons biologiques et les données génétiques issus des zones internationales.
Elle complète « DeepData », gigantesque base de données environnementales consultée par des chercheurs du monde entier.
Avec 170 États membres, l’AIFM incarne une forme rare de gouvernance multilatérale en haute mer. Face aux appétits extractifs et aux périls invisibles, son rôle n’a jamais été aussi important. « L’avenir des abysses concerne l’ensemble de l’humanité », a conclu Leticia Carvalho.
(AIP)
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