Abidjan, 28 juil 2025 (AIP) – La chefferie du village d’Abidjan-Adjamé a animé une conférence de presse le vendredi 25 juillet 2025 à son siège, pour dresser le bilan d’une année de résilience après l’opération de déguerpissement qui a profondément marqué la localité et plaider pour le recasement et l’indemnisation des populations affectées
Cette rencontre a été conduite par le trésorier général, le conseiller du chef du village et le secrétaire général de la chefferie, tous porteurs du message du chef du village, Nanguy Boua Chérubins Issac.
Avant le plaidoyer, le trésorier général de la chefferie, Kacou Jean-Marc, a salué la résilience des villageois d’Abidjan-Adjamé. « Nous avons mis en place un couloir humanitaire pour offrir gîte et couvert aux populations allogènes et autochtones affectées, afin de leur apporter les premiers soins et un soutien immédiat », a-t-il déclaré.
Il a exprimé sa gratitude envers les différentes communautés religieuses, les partis politiques de l’opposition, ainsi que le Premier ministre, Robert Beugré Mambé, qui a dépêché le ministre Tchaba Laurent avec des vivres, des non-vivres et une aide financière.
« Plus de 2 700 personnes ont dû être assistés. Grâce aux dons, nous avons pu fournir des petits-déjeuners et des repas quotidiens », a-t-il ajouté, tout en remerciant les villages Atchan pour leur solidarité.
La chefferie travaille désormais avec le Projet de transport urbain d’Abidjan (PTUA) et l’Ageroute, dirigée par Fabrice Koulibaly, pour finaliser les listes et discuter avec l’État des modalités d’indemnisation, a-t-il relevé.
M. Kacou a également lancé un cri d’alarme concernant la rentrée scolaire. Il a appelé à la solidarité pour que les 2 763 élèves dénombrés et affectés retournent à l’école. « C’est ensemble que nous pourrons bâtir un village fort et résilient. Nous tendons la main au gouvernement pour relever ces défis », a-t-il souligné, invitant le Premier ministre à venir échanger avec la communauté.
Le conseiller du chef du village, N’Koumoh Jacques a réaffirmé que la communauté n’est « pas contre le développement », mais exige un recasement et une indemnisation équitables pour les victimes du déguerpissement. « Nous demandons que l’État nous considère dans ses plans. Des sites comme le Camp fonctionnaire, en face des sapeurs-pompiers ou celui près de la CNPS pourraient être envisagés pour le relogement », a-t-il suggéré.
Le secrétaire général, Mobio Kossokré Prosper, a insisté sur l’importance de l’unité villageoise pour présenter « une demande cohérente au gouvernement ».
« Abidjan-Adjamé n’est pas un simple quartier, c’est un village historique, habité depuis les 14e et 17e siècles. Nos populations méritent une attention particulière », a-t-il rappelé, réclamant un chronogramme clair de la part des autorités.
« Nous voulons savoir ce que l’État peut faire pour nous, à court et à long termes. Nos populations souffrent et attendent des réponses », a-t-il insisté. La chefferie reste ouverte au dialogue, mais espère une réponse concrète pour les milliers de déguerpis toujours en attente de solutions durables.
(AIP)
bsb/cmas

