Abidjan, 28 nov 2025 (AIP) – La doctorante Yessonguina Soro a révélé, jeudi 27 novembre 2025, que les ressources naturelles angolaises ont contribué à aggraver le conflit armé auquel le pays a été confronté entre 1975 et 2012.
Elle s’exprimait lors de la soutenance de sa thèse unique en Histoire à l’université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan-Cocody.
« Les ressources naturelles ont contribué à aggraver la situation du conflit armé en Angola, de 1975 à 2012 », a soutenu Mme Soro, estimant qu’elles ont également joué un rôle dans « la phase post-conflit » qu’a connue ce pays.
Selon elle, la lutte pour le contrôle des richesses nationales a eu un impact « déterminant » sur l’évolution de la crise sécuritaire, en exacerbant les antagonismes et en intensifiant les combats. Cette bataille autour des ressources « a largement prolongé la durée du conflit », a expliqué l’historienne.
La doctorante a également souligné que le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA, parti au pouvoir) et l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA, mouvement rebelle), se sont farouchement disputé l’accès aux ressources : les zones pétrolifères pour le premier, les zones diamantifères pour le second.
Yessonguina Soro a, en outre, affirmé que la « forte dépendance » du pays au pétrole et au diamant a freiné sa relance économique après la guerre, en raison d’une « compétitivité limitée dans les autres secteurs ».
Son directeur de thèse, Pr Aka Kouamé, a recommandé davantage de précisions dans l’analyse des faits, tandis que le rapporteur, le maître de conférences Abdoulaye Bamba, a salué un angle de traitement « pertinent », tout en déplorant une documentation « modeste ».
Présidé par Pr Guessan Kouadio, le jury a décerné à l’impétrante la mention « très honorable ». Son travail portait sur le thème : « Ressources naturelles et guerres civiles en Angola : entre déstabilisation et reconstruction (1975-2012) ».
Par ailleurs, une étude publiée le 7 avril 2025 par l’organisation Africa Chamber révèle que les réformes engagées par l’Angola depuis 2018 en faveur de son industrie pétrolière ont eu un « effet évident », jetant « les bases d’une accélération de l’exploration et de la production » dans le pays.
(AIP)
jco/eaa/fmo

