Abidjan, 07 jan 2026 (AIP) – Le colonel guinéen Claude Pivi, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour son rôle reconnu dans les massacres du 28 septembre 2009, est décédé à l’hôpital militaire du camp Almamy Samory Touré de Conakry, a annoncé le mardi 6 janvier 2026, la justice guinéenne.
Selon un communiqué du Parquet général près la Cour d’appel de Conakry, Claude Pivi, qui souffrait de plusieurs pathologies, notamment le diabète, l’hypertension artérielle et une affection articulaire de type goutte, est décédé des suites de complications liées à son état de santé.
La justice a relevé une non-observance du traitement médical prescrit, à l’origine d’une « hypoglycémie sévère » survenue le 4 janvier, tout en indiquant que le détenu bénéficiait d’un suivi médical « régulier ». Les autorités ont également évoqué son évacuation « en urgence » vers l’hôpital militaire, en raison de la dégradation de son état de santé.
Le 21 octobre 2025, les autorités pénitentiaires avaient renforcé le dispositif sécuritaire autour de Claude Pivi, après la saisie d’un téléphone portable et d’objets personnels lors d’une fouille de sa cellule. Cette mesure visait à prévenir tout incident et à empêcher une communication non autorisée avec l’extérieur.
Dans une lettre adressée le 28 octobre 2025 au chef de l’État guinéen, le général Mamadi Doumbouya, Zéna Pivi, la fille du colonel, avait exprimé ses inquiétudes quant à l’état de santé de son père, estimant qu’il nécessitait des soins dans un environnement plus favorable à son rétablissement. « La grandeur d’un chef d’État ne se mesure pas uniquement à sa fermeté, mais aussi à sa capacité à écouter, à pardonner et à agir avec humanité », avait-elle plaidé.
Mi-septembre 2024, le gouvernement guinéen avait qualifié de « précaire » l’état de santé du colonel Claude Pivi, après son arrestation au Libéria et son transfert à la prison de Coyah, située à une cinquantaine de kilomètres de Conakry, présentée par les autorités comme disposant de « toutes les commodités ».
Les massacres du 28 septembre 2009 avaient été perpétrés lors de manifestations de l’opposition au stade du même nom, visant à empêcher la candidature du capitaine Moussa Dadis Camara à l’élection présidentielle. Fin septembre 2025, quelque 334 victimes étaient en cours d’indemnisation sur plus de 700 recensées.
(AIP)
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