Abidjan, 19 fév 2026 (AIP)- Le tribunal de Rabat a ouvert, jeudi 19 février 2026, le procès de 18 supporters sénégalais interpellés le 18 janvier à l’issue de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 (CAN 2025), qui opposait le Sénégal au Maroc.
Un mois après les incidents ayant émaillé la rencontre, les prévenus, placés en détention provisoire, comparaissent pour des faits qualifiés de « hooliganisme ». Selon les autorités marocaines, cette incrimination regroupe des actes de violences contre les forces de l’ordre, des dégradations d’équipements sportifs ainsi que des jets de projectiles.
D’après des médias internationaux, des tensions auraient éclaté dans les dernières minutes du match, après l’attribution d’un penalty en faveur du Maroc. La décision arbitrale aurait suscité la colère de certains supporters sénégalais, entraînant notamment des tentatives d’envahissement du terrain.
Outre les 18 ressortissants sénégalais, un Français de 27 ans figure également parmi les accusés. Lyèce M., présenté comme le frère d’un membre du staff technique de l’équipe nationale du Sénégal, a été interpellé dans la tribune réservée aux supporters sénégalais et placé en détention provisoire.
Depuis leur arrestation, les mis en cause dénoncent une « incompréhension » des faits qui leur sont reprochés. Ils affirment ne pas avoir pu s’exprimer en wolof, leur langue maternelle, lors des auditions.
Leur avocat, Me Patrick Kabou a déclaré sur Radio France Internationale (RFI) qu’eux-mêmes ne comprennent pas ce qu’on leur reproche. « Le temps de comprendre ce qu’il se passe et qu’ils puissent s’expliquer, ils ont choisi, délibérément, face à une incompréhension, de se recueillir et d’opérer un jeûne », a-t-il ajouté.
Selon la défense, les détenus ont entamé un jeûne intermittent, refusant de s’alimenter en dehors du petit-déjeuner, afin de protester contre ce qu’ils considèrent comme une injustice.
« Ils disent que, depuis le commissariat, il n’y a personne qui parle Wolof et qui pourrait transmettre ce qu’ils veulent exprimer, soit aux enquêteurs, soit au juge. Ils n’ont pas peur d’être jugés, mais redoutent une incompréhension de leurs propos par le tribunal », a souligné Me Kabou.
Déjà reportée à plusieurs reprises, notamment en raison d’une grève des avocats marocains, l’affaire suscite une vive émotion au Sénégal, où plusieurs voix appellent à la libération des supporters. La défense, qui plaidera la relaxe, espère que le tribunal examinera avec attention les arguments présentés au cours des audiences.
(AIP)
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