Abidjan, 11 juin 2026 (AIP) – Le président de l’Intersyndicale nationale du Congo, Fidèle Kiyangi, a dénoncé les graves violations des droits humains et sociaux dont sont victimes les travailleurs dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), lors de la 114e Conférence internationale du travail qui se tient à Genève, rapporte jeudi 11 juin 2026 l’Agence congolaise de presse (ACP).
S’exprimant à la tribune de l’Organisation internationale du travail (OIT), M. Kiyangi a décrit une situation préoccupante dans cette partie du pays en proie à l’insécurité.
« J’exprime avec un profond sentiment de préoccupation la situation dans cette partie du pays où le travail a cessé d’être un droit pour devenir un risque. Les travailleurs vivent dans une peur permanente : peur des violences, des déplacements forcés, de perdre leur emploi et parfois même leur vie », a-t-il déclaré.
Selon lui, de nombreux lieux de travail sont devenus la cible de pillages répétés, tandis que plusieurs entreprises ont fermé ou fonctionnent au ralenti. Cette situation entraîne, a-t-il souligné, de graves atteintes aux droits fondamentaux consacrés par les conventions internationales du travail, notamment la liberté syndicale.
Le responsable syndical a estimé que la RDC, souvent qualifiée de « scandale géologique » en raison de l’abondance de ses ressources naturelles, est confrontée à une guerre d’exploitation économique.
« Derrière les armes se cachent des intérêts économiques et derrière les déplacements massifs des populations, la volonté de contrôler les ressources naturelles », a-t-il affirmé.
Fidèle Kiyangi a également exprimé sa solidarité envers les travailleurs africains confrontés à des situations similaires et appelé la communauté internationale à une mobilisation urgente face aux violations des droits humains et sociaux observées dans les zones de conflit.
Il a, par ailleurs, attiré l’attention sur la responsabilité des chaînes d’approvisionnement mondiales dans la persistance de certaines atteintes aux droits des travailleurs, plaidant pour un renforcement des mécanismes d’inspection du travail et une plus grande vigilance des acteurs économiques internationaux.
Il s’agit de la première intervention d’un représentant des travailleurs congolais à la tribune de l’OIT depuis plus de 15 ans.
Ouverte le 1er juin à Genève, la 114e Conférence internationale du travail examine notamment les enjeux liés au développement de l’économie des plateformes numériques, à la promotion du travail décent et à l’élaboration de nouvelles normes internationales du travail.
(AIP)
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