Yamoussoukro, 11 juin 2026 (AIP) – Le ministère de la Fonction publique et de la Modernisation de l’Administration a engagé une nouvelle étape de la réforme de la Fonction publique avec l’ouverture, jeudi 11 juin 2026 à Yamoussoukro, d’un atelier de validation de l’avant-projet de décret fixant les modalités d’évaluation des fonctionnaires et agents de l’État.
Présidant la cérémonie d’ouverture au nom de la ministre d’État, Anne Désirée Ouloto-Lamizana, le directeur de cabinet adjoint, Jérôme Kouamé Yao, a souligné que cette réforme constitue « l’un des piliers de la modernisation de l’Administration publique ivoirienne » et vise à substituer à l’ancien système de notation administrative un mécanisme moderne d’évaluation du rendement fondé sur la performance et les résultats.
Selon lui, une administration performante ne peut évoluer sans outils fiables de mesure de l’efficacité de ses agents. « L’évaluation n’est pas une contrainte administrative, elle est le moteur d’une administration performante, juste et crédible », a-t-il affirmé.
Le nouveau dispositif s’inscrit dans le cadre de la loi n°2023-892 du 23 novembre 2023 portant Statut général de la fonction publique et de ses textes d’application. Il prévoit notamment la fixation préalable d’objectifs individuels, une évaluation continue tout au long de l’année, des entretiens périodiques entre supérieurs hiérarchiques et agents ainsi qu’une évaluation multicritère liée aux décisions de gestion de carrière.
Président du comité d’organisation, le directeur général de la Fonction publique, Soro Gninagafol, a indiqué que cette réforme marque « un changement de paradigme » dans la gestion des ressources humaines de l’administration publique.
Selon lui, l’actuel système de notation laisse encore une place importante à la subjectivité et ne permet pas toujours d’établir un lien clair entre la performance de l’agent, son évolution de carrière et ses besoins en renforcement de capacités.
« Le passage de la notation à l’évaluation permanente est une révolution silencieuse dans la façon dont l’État envisage ses rapports avec ses agents », a-t-il déclaré, ajoutant que le nouveau mécanisme permettra d’identifier plus rapidement les difficultés rencontrées par certains agents et de les accompagner efficacement.
Les responsables du ministère ont également insisté sur la nécessité de bâtir un système transparent, équitable et rassurant aussi bien pour l’administration que pour les fonctionnaires. L’enjeu, ont-ils expliqué, est de concilier les exigences de performance du service public avec les aspirations légitimes des agents à une progression de carrière fondée sur le mérite.
Réunissant des directeurs des ressources humaines, des représentants d’institutions de la République, des gestionnaires des ressources humaines et des organisations syndicales, l’atelier devra examiner les critères, procédures et outils destinés à encadrer l’évaluation des agents publics.
Les conclusions des travaux devraient permettre d’aboutir à un texte réglementaire consensuel et opérationnel, appelé à renforcer la culture du résultat, la valorisation du mérite et la qualité des services rendus aux citoyens.
(AIP)
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