Abidjan, 12 juin 2026 (AIP) – Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/Sida (ONUSIDA) a tiré la sonnette d’alarme face aux conséquences de la baisse des financements internationaux consacrés à la lutte contre le VIH, estimant que cette situation menace de compromettre des décennies de progrès réalisés dans la lutte contre l’épidémie.
Dans un rapport publié vendredi 12 juin 2026, l’agence onusienne souligne que la contraction de l’aide internationale affecte déjà les programmes de prévention et l’accès aux traitements dans plusieurs pays fortement dépendants des financements extérieurs.
Les budgets alloués aux préservatifs ont chuté de plus de 90 % dans certains États, tandis que l’utilisation de la prophylaxie préexposition (PrEP), un traitement préventif contre le VIH, a diminué de 38 % entre 2024 et 2025 dans les 62 pays ayant transmis leurs données.
La directrice exécutive de l’ONUSIDA, Winnie Byanyima, qualifie cette situation de « plus grave perturbation » de la riposte mondiale au VIH depuis le début de la mobilisation internationale contre la maladie. Elle met en garde contre une hausse potentielle des nouvelles infections et des décès liés au sida en cas d’interruption des traitements.
Selon le rapport, près de 3.000 adolescentes et jeunes femmes contractent chaque semaine le VIH en Afrique subsaharienne. La prévention, qui ne représentait que 11 % des dépenses mondiales consacrées au VIH en 2024, demeure l’un des secteurs les plus vulnérables.
Ces inquiétudes interviennent malgré des progrès significatifs enregistrés ces 15 dernières années. Les décès liés au sida ont diminué de 56 %, passant de 1,3 million en 2010 à 570.000 en 2025, tandis que les nouvelles infections ont reculé de 43 %, pour atteindre 1,2 million de cas par an. Aujourd’hui, 32,1 millions de personnes ont accès à un traitement antirétroviral, souligne le rapport.
L’ONUSIDA note toutefois que neuf millions de personnes restent privées de traitement et que plusieurs régions, notamment l’Afrique occidentale et centrale, dépendent encore fortement de l’aide internationale pour financer leurs programmes de lutte contre le VIH.
À quelques jours de la réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies prévue les 22 et 23 juin, l’agence appelle à un renforcement des engagements financiers afin de préserver les acquis et atteindre l’objectif d’élimination du sida comme menace de santé publique d’ici à 2030.
(AIP)
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