Duékoué, 15 juin 2026 (AIP) – Le directeur régional de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique de la région du Guémon, Alain Ekissi Yavo, a fait savoir vendredi 12 juin 2026, lors d’un entretien accordé à l’AIP, que la région du Guémon, principalement la ville de Duékoué, ville à forte densité d’activités économiques, vit sous le poids de la forte utilisation de sachets plastiques par les populations dans les commerces et les habitations.
Un tour dans les marchés, ruelles et établissements scolaires de Duekoué permettent de constater la prolifération de tas d’ordures fortement dominées par les sachets plastiques.
Les commerçants, usagers de la route et ménages interrogés par l’AIP ont fait savoir que les sachets plastiques dans leur globalité sont plus pratiques et bon marché quoique certains aient reconnu leur nocivité pour l’environnement. Ces derniers ont appelé le gouvernement à prendre des mesures qui favorisent la protection de l’environnement par la vulgarisation de d’emballages réutilisables bon marché et l’installation de baques à ordures à chaque coin de rue.
Alain Ékissi Yavo a expliqué les dangers liés à l’utilisation des emballages plastiques et la politique mise en place par le gouvernement pour juguler ce phénomène.
« Les sachets plastiques, en raison de leur poids léger et du fait qu’ils sont peu coûteux et faciles à transporter, servent à conserver certains produits, à faire des achats dans les marchés et magasins, à emballer les aliments et à transporter des marchandises », a-t-il dit, en s’exprimant sur les raisons de leur utilisation.
Selon lui, la ville Duékoué, comme partout ailleurs en Côte d’Ivoire, est en proie à ces instruments, malgré toutes les dispositions et la législation en vigueur qui tendent à interdire leur usage. « L’on estime à plusieurs tonnes les sachets plastiques produits qui, du coup, semblent bon marché pour les clients. Mais ils peuvent être à l’origine de grandes catastrophes si l’on n’y prend garde », a-t-il ajouté.
Ces instruments plastiques ont une durée de vie allant de 100 à 400 ans avant de se décomposer complètement dans la nature. « Le danger est là et est permanent », a prévenu le directeur régional, faisant allusion à ses composés chimiques potentiellement dangereux pour la santé de l’Homme et l’environnement. Parmi les plus connus, l’on note le bisphénol A, les phtalates, le polychlorure de vinyle, le styrène, les dioxines, le plomb, le cadmium, le mercure et les composés organiques volatils.
« Les produits chimiques toxiques contenus dans certains plastiques peuvent favoriser plusieurs problèmes de santé, notamment les troubles respiratoires, les irritations de la peau et des yeux, les allergies, les perturbations hormonales, les problèmes de fertilité et un risque accru de certains cancers après une exposition prolongée à certaines substances toxiques. Il faut également noter des intoxications alimentaires lorsque les aliments chauds sont emballés dans des sachets plastiques non adaptés. Au-delà, l’usage des sachets plastiques pollue l’air et l’eau et favorise les inondations en bouchant les lieux de passage de l’eau », a-t-il fait savoir.
Toujours selon le directeur régional de l’Environnement, pour interdire l’usage illicite des sachets plastiques, l’État de Côte d’Ivoire a pris des dispositions réglementaires, notamment le décret n° 2013-327 du 22 mai 2013 portant interdiction de la production, de l’importation, de la commercialisation, de la détention et de l’utilisation des sachets plastiques.
« Dans ce sens, il convient de faire respecter la loi par les usagers, de sensibiliser les populations sur les dangers liés aux déchets plastiques, d’encourager l’utilisation de sacs biodégradables et réutilisables, de recycler les déchets plastiques, d’organiser des opérations de salubrité. Il faut également effectuer des contrôles dans les marchés et les usines et surtout éduquer les enfants dès le bas âge au respect de l’environnement », a-t-il indiqué.
Il a exhorté les populations à s’approprier les informations reçues pour leur santé et pour un environnement sain orienté vers le développement durable.
(AIP)
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