Abidjan, 15 juin 2026 (AIP)-Au groupe scolaire Emmanuel Dioulo, situé au Plateau, l’atmosphère est empreinte de concentration et de sérénité en ce lundi 15 juin 2026.
Dans cette salle d’examen pas comme les autres, 71 candidats en situation de handicap ont, aux côtés de leurs camarades du reste du pays, entamé les épreuves écrites du baccalauréat 2026.
Cette session particulière, organisée dans des conditions spécialement aménagées, traduit la volonté des autorités éducatives de garantir une véritable égalité des chances à tous les apprenants, sans distinction.
Ces candidats qui se répartissent comme suit : 19 malentendants, 38 malvoyants et 14 candidats à motricité réduite. Une organisation rigoureuse a été mise en place afin d’assurer le bon déroulement des épreuves, comme l’a constaté l’AIP sur le terrain.
Dans les salles de composition, les copies avancent au rythme des stylos et des dispositifs d’assistance. Les candidats sont répartis entre les filières de l’enseignement général, technique et artistique, confirmant leur pleine intégration dans le système éducatif ivoirien.
Une organisation conforme aux exigences
Sur place, la sous-directrice de l’Éducation pour tous à la Direction des écoles, lycées et collèges du ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation, Tra Sylvie, veille personnellement au bon déroulement des examens.
« Tout se passe très bien et l’organisation est conforme aux exigences. Nous sommes présents, au nom de la Direction des écoles, lycées et collèges, pour veiller à ce que les conditions d’évaluation des candidats en situation de handicap soient rigoureusement respectées », a-t-elle déclaré avec assurance.
Elle précise que des aménagements spécifiques ont été prévus selon les besoins : malentendants, malvoyants et candidats à motricité réduite bénéficient de dispositifs adaptés afin de composer dans des conditions optimales.
Un quart de temps supplémentaire pour mieux composer
Dans cette logique d’équité, un dispositif particulier a été instauré : un temps supplémentaire équivalant au quart du temps réglementaire.
« Pour une épreuve de quatre heures, les candidats disposent d’une heure additionnelle », explique Mme Tra, avant de souligner que « ce sont les mêmes sujets que dans les centres ordinaires, mais avec un accompagnement adapté ».
«Ils doivent rester sereins, car ce sont de véritables champions. Longtemps perçus comme vulnérables, ils sont aujourd’hui pleinement intégrés grâce à la politique de scolarisation obligatoire et à l’école inclusive», a-t-elle assuré.
Au-delà des épreuves, la question de l’avenir des candidats est également prise en compte. La directrice des examens et concours (DECO), Diarra Kadidiata Badji, insiste sur la continuité du parcours académique.
« Les candidats en situation de handicap bénéficient des mêmes perspectives que les autres élèves », affirme-t-elle.
Sylvie Tra cite notamment plusieurs établissements d’accueil : l’Institut national supérieur des arts et de l’action culturelle (INSAAC), ainsi que l’Université virtuelle de Côte d’Ivoire, particulièrement adaptée aux apprenants à mobilité réduite.

Une école inclusive en construction
Mme Diarra Kadidiata Badji met également en lumière le rôle essentiel de l’assistance à la vie scolaire, composée d’éducateurs spécialisés.
« Ils accompagnent les apprenants à besoins spécifiques, notamment ceux présentant des troubles du spectre autistique ou des difficultés d’apprentissage nécessitant une pédagogie différenciée », explique-t-elle.
Elle annonce par ailleurs qu’un dispositif progressif est en cours d’étude afin de permettre, à terme, l’organisation des examens dans les régions d’origine des candidats, afin de réduire les déplacements et les contraintes logistiques.
Pour cette session 2026 du baccalauréat, 329 372 candidats sont inscrits au total, dont 303 625 pour l’enseignement général, 25 150 pour l’enseignement technique et 597 pour l’enseignement artistique.
Répartis dans 549 centres de composition sur toute l’étendue du territoire national, les candidats composent du 15 au 19 juin tandis que les résultats sont attendus pour le 6 juillet.
Dans ce vaste dispositif national, les 71 candidats en situation de handicap apparaissent comme le symbole d’une école ivoirienne en pleine transformation, résolument tournée vers l’inclusion, l’équité et la dignité de tous les apprenants.
(AIP)
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