Abidjan, 24 juin 2026 (AIP)- Le président de l’organisation Initiatives pour la paix (IPP), Konan Kouadio Siméon dit KKS, a estimé que la réforme de l’organe chargé des élections proposée par le gouvernement ivoirien ne saurait résoudre les difficultés du système politique national, plaidant plutôt pour un dialogue national inclusif consacré à une refondation démocratique de l’État.
Dans une déclaration rendue publique sur sa page facebook, M. Konan a soutenu que le débat engagé autour de la restructuration de l’institution électorale s’attaque davantage aux « paramètres » qu’aux causes profondes des dysfonctionnements observés dans la gouvernance politique du pays.
Selon lui, les discussions en cours se limitent à des ajustements techniques qui ne remettront pas en cause ce qu’il qualifie de « partocratie », un système dans lequel les partis politiques exerceraient une emprise excessive sur les institutions publiques au détriment de la souveraineté populaire.
Le président d’IPP a également critiqué la méthode retenue pour conduire les consultations sur la réforme électorale, qu’il juge insuffisamment inclusive. Il a appelé à l’association de l’ensemble des forces vives de la nation, notamment les organisations de la société civile, les syndicats, les autorités religieuses et traditionnelles, les universitaires ainsi que les mouvements citoyens.
Pour KKS, la priorité devrait être l’organisation d’Etats généraux du système politique ivoirien afin de définir un nouveau contrat social entre l’Etat et les citoyens et de renforcer les mécanismes de contrôle démocratique du pouvoir.
L’ancien candidat à l’élection présidentielle a par ailleurs établi un lien entre ce débat institutionnel et la situation des populations affectées par les opérations de déguerpissement à Koumassi-Campement, estimant que l’urgence demeure la prise en charge humanitaire des sinistrés et l’établissement des responsabilités dans ce dossier.
« La Côte d’Ivoire a besoin d’un véritable dialogue national inclusif pour rebâtir le contrat social entre l’Etat et le citoyen », a-t-il exprimé, appelant à une transition d’un système qu’il qualifie de « partocratique » vers une démocratie davantage centrée sur le peuple.
Le Premier ministre, Robert Beugré Mambé, rappelle-t-on, a présenté, lundi 22 juin, aux responsables des partis politiques ainsi qu’aux représentants de la société civile, la nouvelle monture électorale. Celle-ci repose sur trois organes distincts.
L’un chargé de l’organisation matérielle des élections, un autre dédié au recensement et à la compilation des suffrages, et un troisième chargé de la supervision et du contrôle de l’ensemble du processus électoral.
Selon M. Mambé, cette réforme devrait permettre de garantir davantage de rigueur dans l’organisation des scrutins, d’assurer la sincérité du comptage des voix, de renforcer la traçabilité des procès-verbaux depuis les bureaux de vote jusqu’aux centres de centralisation des résultats, mais aussi d’accroître la transparence dans leur proclamation.
(AIP)
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