Abidjan, 17 juil 2026 (AIP) – La directrice générale de l’Agence nationale de la formation professionnelle (AGEFOP), Karita Coulibaly-De Medeiros, a présenté, jeudi 16 juillet 2026 à Abidjan, la synthèse des travaux de la deuxième édition du Forum international des métiers et des compétences (FIMEC), mettant en avant une série de recommandations dont le renforcement du financement de l’enseignement professionnelle pour une meilleure adéquation entre la formation professionnelle et les besoins du marché de l’emploi
Présentée à la clôture du forum, cette synthèse, qui servira de base au Livre blanc du FIMEC 2026, est le fruit des réflexions menées durant deux jours autour du thème, « Compétences, emploi et transformation économique en Afrique à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle : le rôle stratégique de la formation professionnelle ».
Mme Coulibaly-De Medeiros a indiqué que les échanges ont permis de dégager plusieurs axes prioritaires pour adapter les politiques de développement des compétences aux mutations du marché du travail.
Le premier porte sur le financement de la formation professionnelle. Les participants préconisent le renforcement des mécanismes de financement, notamment à travers la sécurisation du reversement de la taxe d’apprentissage à l’AGEFOP et l’élargissement des interventions du Fonds de développement de la formation professionnelle (FDFP) aux acteurs de l’économie informelle.
L’une des principales recommandations concerne également le rapprochement entre l’offre de formation et les besoins réels des entreprises. Les experts proposent d’associer durablement le secteur privé à la définition des programmes de formation, d’intégrer les compétences transversales dans les référentiels de certification, de mettre en place une veille permanente sur les besoins en compétences et d’orienter davantage les formations vers les secteurs prioritaires du Plan national de développement (PND) 2026-2030, notamment l’agro-industrie, le numérique, la santé, l’énergie, le tourisme et les industries culturelles.
Les travaux recommandent en outre de renforcer les partenariats public-privé à travers un système de gouvernance partagé entre l’État, les branches professionnelles et les entreprises. Ils suggèrent le développement progressif d’un système de formation duale inspiré des modèles suisse associant formation en établissement et immersion en entreprise, ainsi que la création d’instituts sectoriels dédiés aux filières prioritaires.
La territorialisation des politiques de l’emploi figure également parmi les priorités retenues. Les participants recommandent le renforcement du maillage territorial de l’AGEFOP par la création de guichets régionaux, le développement d’outils statistiques permettant d’anticiper les besoins locaux en compétences, la généralisation des clubs d’entrepreneuriat dans les universités régionales et une meilleure prise en compte des personnes en situation de handicap dans les dispositifs d’insertion.
Au cœur des débats, les compétences numériques et l’intelligence artificielle ont fait l’objet de recommandations spécifiques. Le forum préconise l’intégration de modules consacrés à l’intelligence artificielle, à la cybersécurité, à la science des données et aux compétences numériques avancées dans les cursus de formation professionnelle. Les intervenants insistent également sur le développement des compétences humaines, telles que l’esprit critique, la communication, l’intelligence émotionnelle et les aptitudes managériales, indispensables pour accompagner l’essor des nouvelles technologies.
La professionnalisation des métiers de l’économie informelle constitue un autre axe majeur de la feuille de route. Les recommandations portent notamment sur l’extension du Certificat de qualification aux métiers (CQM), le développement de la validation des acquis de l’expérience (VAE), ainsi que sur un accompagnement renforcé de la formalisation des activités artisanales et des petites entreprises.
Enfin, la synthèse met un accent particulier sur l’inclusion sociale. Les participants plaident pour une meilleure reconnaissance des compétences acquises hors des parcours classiques, un accès accru des femmes et des personnes en situation de handicap aux dispositifs de formation et d’insertion, ainsi qu’une valorisation des parcours de réussite afin de renforcer l’attractivité de la formation professionnelle.
« Je formule le vœu que les recommandations de cette 2e édition du FIMEC et la feuille de route constituent une véritable boussole pour une dynamisation de la formation professionnelle en Côte d’Ivoire et une meilleure perception des métiers de ce secteur. « , a conclu Karita Coulibaly-De Medeiros.
(AIP)
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