Abidjan, 18 juil 2026 (AIP)- La Fondation Amigo, dirigée par les religieux catholiques Capucins, aussi connu sous le nom d’Amigoniens, a célébré vendredi 17 juillet 2026 dans le village de Lokoa (commune de Yopougon), ses 30 années d’engagement en faveur des enfants marginalisés ou en conflit avec la loi.
Ces « noces de perles » ont mis en lumière le parcours de la fondation, créée en Espagne en 1889 par Monseigneur Luis Amigo. Cette congrégation aidait et éduquait la jeunesse désorientée par la crise socio-politique de l’époque. Depuis, elle est présente dans 22 pays, dont la Côte d’Ivoire et le Bénin en Afrique.
Monseigneur Laurent Akran Mandjo, premier évêque du diocèse de Yopougon, constatant la présence de nombreux enfants marginalisés ou en conflit avec la loi dans les rues, suite à la crise socio-politique des années 1990 en Côte d’Ivoire, a sollicité la congrégation pour son programme socio-éducatif et spirituel, via Rome (Vatican). Cela a conduit à l’implantation du Centre Amigo Doumé, (CAD) bâti sur 7,5 hectares, dans le village de Lokoa.
La Fondation comprend deux centres, à savoir, le centre Zagal (situé à Yopougon Andokoua), spécialisé dans la pâtisserie, et le CAD de Lokoa, spécialisé en soudure/ferronnerie, menuiserie et en agropastorale (élevage et agriculture). Le centre est aussi en partenariat avec une académie de football, qui encadre les jeunes sur son site.
« La Fondation met en œuvre plusieurs initiatives socio-éducatives et psychosociales qui se traduisent par des activités de formation professionnelle, des activités extra-éducatives, l’Alphabétisation fonctionnelle, l’initiation au numérique, les cours de mise à niveau, les inscriptions aux examens officiels, la parentalité positive, et enfin, la réinsertion socio-familiale. Notre encadrement est le reflet d’un espoir constant et offre bien plus qu’une prise en charge professionnelle, c’est-à-dire, une vie digne », a expliqué le délégué de la Fondation Amigo en Côte d’Ivoire, le père Ange Loboué, qui n’a pas manqué de rendre hommage aux pionniers de la fondation, et aux partenaires techniques et financiers qui continuent de les soutenir.
Il a aussi annoncé les projets de la Fondation de construire un nouveau bâtiment d’élevage pouvant accueillir au moins 1.500 poules, de créer un collège catholique d’enseignement général sur le site de Lokoa, et de mettre en œuvre un programme de Travaux d’intérêt général (TIG) avec l’Etat, tout en intensifiant les actions de prévention contre la délinquance et la drogue à travers le renforcement du Centre Zagal.
Le représentant-résident adjoint de l’Unicef en Côte d’Ivoire, Augustin Birba, a soutenu la nécessité pour chaque enfant, « sans exception », d’un droit à une seconde chance parce qu’il est porteur de talent et de potentiel extraordinaire. « La fondation Amigo est un symbole d’espérance, de résilience et de solidarité. Nous sommes fiers de l’accompagner dans son rôle de resocialisation des jeunes », s’est-il réjoui.
La cérémonie a été ponctuée de sketches, ballets, visite d’ateliers et une exposition-vente d’œuvres réalisées par les apprenants, mettant en lumière leur savoir-faire et leur créativité.
Au total, 22 adolescents ont reçu leurs diplômes de fin d’apprentissage 2026, au cours de ces festivités. Des personnels d’encadrement et administratif qui œuvrent à la bonne marche de la Fondation depuis son implantation en Côte d’Ivoire, ont également été distingués.
Depuis sa création, le Centre Amigo Doumé a formé 730 pensionnaires, avec une moyenne de 80 enfants/an. Il accueille les enfants et adolescents de 14 à 21 ans, sous l’œil du ministère en charge de l’enseignement technique et de la formation professionnelle. La formation dans chaque filière dure deux ans.
En plus des enfants inscrits par leurs parents, le centre accueille les enfants de la rue, ceux en proie à la délinquance juvénile, les enfants non scolarisés et/ou déscolarisés, les enfants ayant des problèmes avec la drogue, envoyés par le ministère de la Justice (par le biais du Centre d’observation des mineurs) et/ou par le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, à travers le Programme de protection des enfants et adolescents vulnérables (PPEAV).
(AIP)
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