Abidjan, 23 oct 2026 (AIP)- La Finlande entend accompagner la Côte d’Ivoire dans le développement de l’économie circulaire à travers le partage d’expertise, le transfert de technologies et la mise en place de partenariats économiques visant à favoriser la valorisation des ressources locales et la création d’emplois durables.
Cet engagement a été réaffirmé, jeudi 22 octobre 2026, à Abidjan, par l’ambassadrice de Finlande, Katja Ahlfors, lors d’un forum d’échanges entre les deux pays sur les investissements et les solutions pour la transition vers l’économie circulaire, organisé dans la commune du Plateau.
« La Finlande est prête à accompagner cette transformation en partageant son expertise et en développant avec la Côte d’Ivoire des partenariats concrets et mutuellement bénéfiques », a déclaré Mme Ahlfors soulignant que la transition vers une économie circulaire figure parmi les priorités du Plan national de développement (PND) 2026-2030 de la Côte d’Ivoire.
Elle a souligné que la Finlande, premier pays au monde à avoir adopté une feuille de route nationale pour l’économie circulaire en 2016, dispose d’une expérience qu’elle souhaite mettre au service de la coopération avec la Côte d’Ivoire.
Selon elle, la réussite de cette transition repose sur la mise en œuvre de solutions concrètes associant les pouvoirs publics, les entreprises, les universités et les institutions de recherche.
La diplomate a notamment évoqué des perspectives de coopération dans la gestion efficace de l’eau, le financement des projets d’économie circulaire et le recours aux technologies numériques pour améliorer la gestion des infrastructures et des ressources urbaines.
Elle a insisté sur la nécessité de développer des solutions économiquement viables, capables de transformer les sous-produits en ressources à valeur ajoutée.
Représentant la Primature, le directeur de cabinet adjoint chargé du développement du secteur privé et coordonnateur de l’Unité d’appui à la mise en œuvre des projets prioritaires (UA2P), Koffi Georges Bolamo, a salué l’engagement des autorités finlandaises, estimant que leur expérience constitue une opportunité pour accélérer la transition économique et environnementale de la Côte d’Ivoire.
M. Koffi a rappelé que la création d’une Cellule économie circulaire au sein de l’UA2P, à l’initiative du Premier ministre, traduit la volonté du gouvernement de structurer cette transition, en cohérence avec les orientations du PND 2026-2030.
Pour lui, l’économie circulaire dépasse la seule gestion des déchets et concerne l’ensemble des modes de production et de consommation, notamment dans l’agriculture et l’industrie.
Elle constitue un levier de souveraineté économique, de valorisation des matières premières locales et de création d’emplois, particulièrement pour les jeunes et les femmes.
Il a identifié quatre priorités pour concrétiser cette ambition, à savoir la constitution d’un portefeuille de projets viables et susceptibles d’être financés, la mobilisation de financements verts et de mécanismes financiers innovants, le transfert de technologies et le renforcement des compétences nationales, ainsi que le développement de partenariats entre les entreprises et entre celles-ci et l’État.
Intervenant à son tour, le ministre ivoirien de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba a souligné que la coopération avec la Finlande doit contribuer à concilier la protection de l’environnement avec le développement industriel et la création d’emplois durables.
M. Bamba a mis en avant le potentiel de valorisation des résidus issus des filières agricoles ivoiriennes, notamment le cacao, l’anacarde, le palmier à huile, l’hévéa et le bois, qui peuvent être transformés en énergie, en fertilisants ou en nouveaux matériaux.
À cet égard, il a cité le projet de centrale à biomasse de Biovéa à Ayébo, d’une puissance de 46 mégawatts et conçue pour valoriser environ 520 000 tonnes de résidus de palmier à huile par an.
Cette infrastructure illustre, selon lui, les possibilités offertes par l’économie circulaire pour soutenir la production énergétique, le développement industriel et rural, tout en contribuant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Le ministre a également défini quatre axes prioritaires pour la transition ivoirienne notamment l’agriculture circulaire et la bioéconomie, les solutions numériques appliquées à la gestion des ressources urbaines, la valorisation des sous-produits miniers et des métaux critiques, ainsi que le financement des projets.
Il a insisté sur la nécessité de préparer des projets solides, reposant sur des études de faisabilité et des mécanismes de partage des risques, afin de mobiliser les investissements nécessaires à leur réalisation.
Abou Bamba a, par ailleurs, exprimé le souhait de la Côte d’Ivoire d’accueillir à Abidjan, en 2028, le Forum mondial de l’économie circulaire, dans l’objectif de renforcer le positionnement du pays comme un pôle régional de cette nouvelle approche économique en Afrique de l’Ouest.
Les travaux du forum doivent permettre d’identifier des partenaires, de faire émerger des projets pilotes et d’élaborer une feuille de route précisant les responsabilités, les échéances et les besoins de financement. L’objectif est de traduire la coopération ivoiro-finlandaise en initiatives concrètes favorisant une utilisation plus efficace des ressources, le développement de nouvelles activités industrielles et une croissance durable.
(AIP)
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