Abidjan, 16 oct 2026 (AIP)- L’Afrique doit accélérer la mise en œuvre de ses marchés carbone en développant des projets crédibles et attractifs pour les investisseurs, tout en garantissant des retombées économiques et sociales aux pays et aux communautés, ont plaidé des responsables africains et internationaux au Carbon Markets Africa Summit (CMAS) 2026, tenu du 13 au 15 octobre au Kigali Convention Centre (KCC), à Kigali, au Rwanda.
Des représentants de 46 pays, dont 21 pays africains, ont pris part à cette rencontre consacrée au financement climatique, avec pour objectif de faire évoluer le continent de la préparation des marchés carbone vers la concrétisation des projets et des transactions.
À l’ouverture du sommet, la ministre rwandaise de l’Environnement, Bernadette Arakwiye, a souligné la nécessité de mettre en place des marchés adaptés aux priorités africaines, reposant sur des règles fiables et capables de mobiliser des financements à long terme. Elle a identifié des méthodologies accessibles adaptées aux réalités du continent, le financement de la préparation des projets et une demande durable garantissant une juste valorisation des crédits carbone.
Le ministre d’État tanzanien chargé des Affaires de l’Union et de l’Environnement, Hamad Yusuf Masauni, a appelé à privilégier la réalisation effective de projets de qualité, jusqu’à l’émission et à l’achat des crédits, plutôt que de se limiter à la constitution de portefeuilles de projets.
Les intervenants ont également insisté sur la nécessité de faire bénéficier les communautés locales des revenus générés par ces activités, notamment grâce à des mécanismes de partage des bénéfices et à la sécurisation de leurs droits.
Pour le responsable des marchés carbone au sein de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), Perumal Arumugam, l’avantage concurrentiel de l’Afrique doit reposer sur la qualité et la fiabilité de ses crédits, plutôt que sur leur prix. Il a estimé que les résultats devraient aussi être appréciés à travers les investissements mobilisés, les réductions d’émissions obtenues et les retombées pour les populations.
La représentante de l’AUDA-NEPAD, Esterine Fotabong, a, pour sa part, préconisé des procédures d’autorisation prévisibles, des registres opérationnels et des systèmes fiables de mesure, de notification et de vérification des réductions d’émissions.
Les institutions financières, notamment la Banque africaine de développement (BAD) et la Development Bank of Southern Africa (DBSA), ont relevé l’importance de la stabilité réglementaire, de la préparation des projets et du partage des risques pour attirer davantage de capitaux privés.
Les échanges ont ainsi mis en évidence la nécessité de bâtir des marchés carbone africains capables de concilier financement climatique, développement économique et retombées durables pour les populations.
(AIP)
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